Charles Lévêque

Résumé

Charles Lévêque L’Instinct et la vie

Ainsi l’amitié n’appartient qu’à l’homme. — Soit. Mais l’animal aime cependant : n’appelons pas ce qu’il éprouve de l’amitié ; disons, comme Buffon, qu’il n’a que de l’attachement. Cet attachement, c’est un sentiment ; eh bien, pour avoir un sentiment pareil, une machine suffit, d’après notre philosophe, — en sorte que cette même chose qui à tous ses degrés se nomme toujours l’affection, est éprouvée par l’âme quand c’est l’homme qui la ressent, et par la machine, par la matière, quand c’est le chien qui meurt sur la fosse où est enterré son maître.
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Charles Lévêque L’Instinct et la vie

Pourquoi cette tendance, qui agit également dans l’un et dans l’autre, est-elle appelée instinct chez l’animal et non chez la plante ? C’est, répond M. Albert Lemoine, que le besoin n’est un instinct qu’à la condition d’être senti et que les plantes ne sentent pas leurs besoins. Aussi longtemps que l’on n’aura pas prouvé, ajoute-t-il, que le sens commun et la langue se trompent en niant que la plante n’éprouve jamais la piqûre, l’aiguillon de l’instinct, le végétal devra être regardé comme dépourvu de sensibilité. — Or voici que la science croit tenir et nous apporte la démonstration demandée.
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Charles Lévêque L’Instinct et la vie

Certes, chez l’un comme chez l’autre, ce pouvoir n’est pas médiocre. La science contemporaine aura eu le mérite d’en avoir fait comprendre la grandeur, et M. Ch. Darwin y a contribué plus que personne. Cependant, si étendu qu’il soit, il n’est pas sans limites. Jusqu’où va-t-il donc ? Très loin, nous l’accordons. Au cours de la vie individuelle, il produit un résultat merveilleux : cette chose fuyante qu’on nomme le présent et qui, prisé en elle-même, n’est rien, puisqu’elle disparaît aussitôt qu’elle tente d’être, l’habitude la prend, l’enchaîne, la fixe.
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