P. de Rémusat

Résumé

P. de Rémusat La Fontaine naturaliste

C’est à Buffon que M. Damas-Hinard dénie les qualités du naturaliste, c’est à La Fontaine qu’il les restitue. Les descriptions de celui-ci lui paraissent plus vraies et plus vivantes. La vie est en effet ce qui manque le moins dans les fables, et ce qu’on regrette le plus dans les peintures un peu magnifiques de l’histoire naturelle ; mais donner la vie à ses créations est le don le plus précieux de l’écrivain : c’est autre chose encore d’être juste et vrai. La Fontaine met assurément en relief les animaux qu’il fait parler, tandis que Buffon peint pour l’esprit plus que pour les yeux.
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P. de Rémusat La Fontaine naturaliste

Enfin tout homme, dit Descartes, quelque borné qu’il soit, peut arranger ensemble plusieurs paroles et en composer un discours. Il n’est pas d’animal, si parfait et si heureusement né qu’il puisse être, qui en fasse autant. Cette impossibilité ne tient pas aux organes, car les pies, les perroquets, les sansonnets, prononcent des mots ; mais aucun ne pense ce qu’il dit. Cela ne signifie pas que les bêtes ont moins de raison que les hommes, cela signifie qu’elles n’en ont point du tout, car pour parler il n’en faut qu’un peu, bien peu, aussi peu que possible, et ce peu, elles ne l’ont point.
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P. de Rémusat La Fontaine naturaliste

L’intention de venger le loup est excellente ; mais ce prologue précède une fable, tirée de Phèdre, où le loup est précisément dupé de la façon la plus humiliante par le renard, qui ne lui est au fond supérieur que par la physionomie. Le loup est le plus audacieux de tous les ennemis de l’homme, et, moins fort que le tigre et le lion, il est obligé pour vivre d’user d’une certaine circonspection. Il est plus habile que le chien, et pourtant l’homme prétend avoir amélioré celui-ci, qui n’est pas devenu entre nos mains l’égal de son analogue sauvage.
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