Résumé

Portrait de Claude Bernard Claude Bernard Étude sur la physiologie du cœur

Pour le physiologiste, le cœur est l’organe central de la circulation du sang, et à ce titre c’est un organe essentiel à la vie ; mais par un privilège singulier, qui ne s’est vu pour aucun autre appareil organique, le mot cœur est passé, comme les idées que l’on s’est faites de ses fonctions, dans le langage du physiologiste, dans le langage du poète, du romancier et de l’homme du monde, avec des acceptions fort différentes.
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Portrait de Claude Bernard Claude Bernard Étude sur la physiologie du cœur

Quand on dit que le cœur est brisé par la douleur, il y a des phénomènes réels dans le cœur. Le cœur a été arrêté, si l’impression douloureuse a été trop soudaine, le sang n’arrivant plus au cerveau, la syncope, des crises nerveuses en sont la conséquence. On a donc bien raison, quand il s’agit d’apprendre à quelqu’un une de ces nouvelles terribles qui bouleversent notre âme, de ne la lui faire connaître qu’avec ménagement. Nous savons par nos expériences sur les nerfs du cœur que les excitations graduées émoussent ou épuisent la sensibilité cardiaque en évitant l’arrêt des battemens.
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Or la science physiologique nous apprend que, d’une part, le cœur reçoit réellement l’impression de tous nos sentimens, et que, d’autre part, le cœur réagit pour renvoyer au cerveau les conditions nécessaires de la manifestation de ces sentimens, d’où il résulte que le poète et le romancier qui, pour nous émouvoir, s’adressent à notre cœur, que l’homme du monde qui à tout instant exprime ses sentimens en invoquant son cœur, font des métaphores qui correspondent à des réalités physiologiques. Quelquefois un mot, un souvenir, la vue d’un événement, éveillent en nous une douleur profonde.
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