Résumé

Fernand Papillon Les Passions d’après les travaux récens de physiologie et d’histoire naturelle

La mélancolie est une de ces passions qui assombrissent les jours de l’homme. Il y a une forme de mélancolie qui est manifestement une variété de démence, et que les aliénistes rencontrent fréquemment. Elle est caractérisée par une incurable tristesse, un besoin impérieux de solitude, une inaction absolue et la croyance à une foule de maux imaginaires dont le malade est sans cesse obsédé. « Mon corps est un foyer ardent, écrivait un mélancolique à son médecin, mes nerfs sont des charbons embrasés, mon sang est de l’huile bouillante. Tout sommeil est anéanti. Je souffre le martyre. »
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Fernand Papillon Les Passions d’après les travaux récens de physiologie et d’histoire naturelle

Toute la passion est donc dans un quelque chose qui n’est ni le cerveau, ni les nerfs, ni les muscles, dans un quelque chose qui conçoit, qui jouit, qui souffre et qui meut tout le corps à l’unisson de ses propres sentimens. Or cette capacité consciente, perceptive de causes qui n’ont rien de mécanique, c’est l’âme. Plus on approfondit la physiologie des passions, plus on acquiert la conviction que le frémissement des énergies nerveuses et motrices n’est ici que la manifestation extérieure des causes plus profondes qu’on appelle psychiques.
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Fernand Papillon Les Passions d’après les travaux récens de physiologie et d’histoire naturelle

Quand vous voyez une femme pleurer, s’agiter, à la nouvelle de quelque événement malheureux, vous n’avez qu’à examiner son pouls : s’il est dans l’état ordinaire, vous pouvez affirmer que l’émotion de cette femme est simulée. Au contraire, si vous en voyez une autre dont la peine ne se manifeste par aucun signe extérieur, mais dont le cœur bat avec un désordre inaccoutumé, vous pouvez conclure qu’elle feint un calme qui n’est pas dans son âme.
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