Résumé

Comte C. de Maleissye Les lettres de Jeanne d’Arc et la prétendue abjuration de Saint-Ouen

Plus ardent encore, Erard insiste : « Oui, je te le dis à toi, Jehanne, et le répète, ton roi, puisqu’il t’a écoutée, est schismatique et hérétique. » — « Par ma foi, réplique la Pucelle, révérence gardée, j’ose bien vous dire et jurer, sous peine de ma vie, que mon Roi est le plus noble chrétien de tous les chrétiens, et qui mieux aime la foi et l’Église. »
Cette apostrophe si calme et si énergique arrête Erard ; aussi l’évêque de Beauvais intervient-il en s’écriant : « Faites-la taire ! »
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Comte C. de Maleissye Les lettres de Jeanne d’Arc et la prétendue abjuration de Saint-Ouen

Combien Jehanne, au contraire, dut être sublime en cette séance, lorsqu’en termes plus énergiques que jamais, par une double affirmation, elle proclame encore sa mission : « Si je disais que Dieu ne m’a pas envoyée, je me damnerais, moi-même, car en toute vérité c’est Dieu qui m’a envoyée. » Elle ose jeter à la face de ses juges qu’Erard n’est qu’un faux prêcheur, et qu’eux-mêmes ont menti, car jamais elle n’a prêté serment. Ses accens ont été tels que, le lendemain, Cauchon ne voudra pas la faire paraître devant ceux qui doivent la condamner.
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On se demandait si Jehanne n’avait pas connu un instant de faiblesse. Ses lettres ont été le fil conducteur sans lequel on ne pouvait se reconnaître dans le drame de Saint-Ouen. Du moment que Jehanne savait écrire, et que, le 24 mai, elle a refusé d’apposer sa signature, toute ombre se dissipe, et cette question qui semblait secondaire : « Jehanne savait-elle signer ? » acquiert une importance capitale. Une défaillance passagère n’aurait pas terni sa gloire, mais elle n’a pas eu cette défaillance. L’unité de sa vie n’a pas été rompue.
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