Résumé

Cyprien-Marie Boutrais La Grande Chartreuse par un chartreux

À la Grande Chartreuse, les Religieux tracèrent, les larmes aux yeux, sur le Rôle des morts ces quelques lignes pleines de cœur et de tristesse : Nous, frères de la Chartreuse, qui, plus que tous les autres, avons le grand malheur d’être privés de la consolation de posséder encore notre très bon père Bruno que nous aimions si tendrement, nous ne saurions dire ce que nous ferons pour son âme si sainte et si chérie !
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Cyprien-Marie Boutrais La Grande Chartreuse par un chartreux

Si nous sommes obligés d’aller tous les jours au réfectoire pour prendre nos repas en commun, bientôt on introduira des changements dans la nourriture. S’il faut chanter tout l’office au chœur, notre solitude disparaît en grande partie, car nous serons sans cesse hors de nos cellules, allant, venant dans le cloître, et la solitude, c’est notre vie, notre but par excellence ; au milieu de ce va-et-vient, qu’il sera difficile de méditer, de contempler, et cependant la contemplation n’est-ce point ce qui nous distingue des autres religieux ?
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Cyprien-Marie Boutrais La Grande Chartreuse par un chartreux

Le monde dut blâmer cette démarche ; plusieurs n’allèrent-ils point jusqu’à la taxer de folie ? d’autres certainement lui reprochèrent de se livrer à l’inaction, de s’ensevelir au lieu d’agir, de ne songer qu’à lui sans souci du bien commun ; le monde se trompait, car il n’entend rien aux choses de Dieu, et c’est Dieu même qui, lentement, mystérieusement, guidait Bruno vers la solitude pour y travailler, non sans peine, à créer la grande œuvre que tous connaissent aujourd’hui.
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