“ Les hautes collines boisées semblent des pans d’ombres montantes, et, dans la brume, on devine plutôt qu’on aperçoit la chaîne jurassique qui s’effile irréalisée. Un bon petit diable de torrent va, vient, court, bavard comme quatre sur son lit de cailloux : c’est le Guiers, le Guiers vif. Pont-de-Beauvoisin n’est pas loin... Il est là devant nous, propre, bien bâti, plein du bruit de ses scieries et de ses moulins. Quelques souvenirs ? Oh ! bien peu ! Ville frontière, prise, reprise et reprise encore par Savoyards et Dauphinois. ”
Guiers
Définition et enjeux
Citations sur “Guiers”
Auguste Vitu,
Ombres et vieux murs
(1859)
“ SAINT-GEOIRE 247 Le Guiers vif est un torrent profondément encaissé dans la traversée du Pont-de-Beauvoisin, et dominé des deux côtés par des collines couvertes de buissons dans lesquels on voit briller de temps à autre la carabine d'un douanier. Entré le Pont-de-Beauvoisin et les Echelles, le Guiers vif reçoit les eaux du Guiers mort, qui descend de la Grande-Chartreuse. Il y a dans le nom de ces torrents une singularité qui choque toujours le voyageur : le Guiers vif coule paisiblement dans un lit à peu près horizontal et passerait aisément pour la plus inoffensive des rivières. ”
Jules Taulier, Les Deux petits Robinsons de la Grande-Chartreuse… (1867)
“ DE LA GRANDE-CHARTREUSE. 233 dans les rochers de la grande chaîne du Hautdu-Seuil, sortait un torrent tout blanc d'écume ; c'était le Guiers-Vif, ainsi nommé pour le distinguer de l'autre torrent que les enfants avaient déjà rencontré aux portes du désert, en venant par le Sappey, et qui s'appelait le Guiers-Mort : l'un doit son nom à ce qu'il ne tarit jamais, quelles que soient les ardeurs de l'été; l'autre cesse quelquefois découler, quand les chaleurs ont mis à sec les sources nombreuses qui l'alimentent. ”
Louis Pillet, Description géologique des environs d'Aix… (1863)
“ Si l'on s'avance sur les bords du Guiers, dont le lit est taillé à pic dans les couches urgoniennes, on en mesure l'énorme épaisseur , et du même coup-d'œil on saisit la série des assises qui les recouvrent : on croirait avoir devant les yeux une de ces coupes idéales que les géologues dressent pour l'intelligence de leurs travaux , tant la succession des roches y est nettement figurée. Un petit sentier de chèvres, suspendu sur l'abîme, nous conduit d'abord sur la croupe des couches blanches à rudistes. Peu à peu elles se colorent en jaune ; les strates deviennent minces ”
Victor-Adolphe Malte-Brun,
La France Illustrée
“ Ses affluents de la rive gauche sont l’Arve, le Fier, le Guiers, l’Isère, la Drôme, la Sorgues, la Durance ; ceux de droite sont l’Ain, la Saône, l’Ardèche et le Gard. L’Arve, grossie de l’Arveiron, le Fier, qui reçoit les eaux du lac d’Annecy, le Guiers, formé par le Guiers vif et le Guiers mort, ne sont guère que des torrents. ”
“ Les pauvres gens, qui ne s’emballent point ! Chartreuse, Belledonne et Grandes-Rousses. Après Fourvoirie, vaste établissement où les Pères ont transporté le Dans les gorges du Guiers.siège de fabrication de leur liqueur, les rochers se rejoignent. Ils ne sont plus séparés que par le Guiers et par la route : un ruban étroit taillé en corniche, à pic au-dessus du torrent. Au moyen âge, ainsi qu’il résulte des recherches poursuivies par M. Ferrand, les Chartreux avaient construit près de là une porte fortifiée. La disposition naturelle des lieux se prêtait admirablement à la défense. ”
François-Marie Luzel,
Légendes chrétiennes
“ « Relève-toi, Jean Guérin ; ta paix est faite avec Dieu ! » Aussitôt le bon ermite se leva sur ses deux pieds, et les assistants, saisis de trouble, le regardèrent avec étonnement. Le bon ermite se jeta alors à genoux aux pieds du comte et lui parla de la sorte : — « Je suis Jean Guérin, le méchant, pire que ne fut jamais barbare ni tyran ; j’ai déshonoré votre fille chérie, et ensuite je l’ai tuée. « J’ai caché son corps sous une pierre, afin que personne ne pût le retrouver. Disposez de moi comme il vous plaira ; je suis prêt à souffrir tous les tourments. » ”
Charles Giraud,
Sixte-Quint, son influence sur les affaires de France au xvie siècle…
“ Une ligue particulière s’était formée à Paris, en 1585, et avait abouti à l’établissement communal des seize, qui s’étaient distribués dans les seize quartiers de la ville, et qui, vendus aux Guise, s’y partageaient au nom de la religion la disposition de toutes les affaires. La paix de Nemours, qui consterna les esprits droits et modérés, augmenta l’audace des ligueurs et mit de nouveau les armes aux mains des protestans. Il s’ensuivit la guerre qu’on nomma des trois Henri, savoir Henri III, Henri de Navarre et Henri de Guise. ”
Pierre-Joseph-Olivier Chauveau,
Charles Guérin, roman de mœurs canadiennes
“ Le bourgeois avait deux raisons pour marier sa fille au jeune Guérin. D’abord, il lui fallait un gendre avocat pour pousser ses affaires, puis il avait un dessein de faire des moulins, des bâtisses, un tas d’histoires ; toujours, il lui fallait pour cela, la terre de la famille ; avec le jeune Guérin, il avait à-peu-près, comme qui dirait, la maîtrise de la terre. Quand il vit cela, v’là mon François qui se met à faire faire connaissance à mon cousin l’avocat, avec le bourgeois ; et petit-à-petit, v’là mon cousin qui se pousse dans la manche du bonhomme. ”
Jacques-Marie Le Claire, L'ancienne paroisse de Guer (1915)
“ Pour gérer toutes les affaires et délibérer sur toutes les questions, il y avait le général de la paroisse, corps religieux et politique, composé des notables de l'endroit. Il se réunissait, au son de la cloche, dans la sacristie et délibérait en toute liberté et indépendance. C'était l'union de l'Eglise et de l'Etat, voire même la fusion des deux éléments constitutifs de la vie religieuse et sociale. 2° Point de vue politique et social. — A Guer, comme partout ailleurs, le peuple formait la troisième classe de la société ; le clergé était au premier rang, puis la noblesse. ”
Hippolyte Parigot, Le Théâtre d’hier
“ Maître Guérin est avec les Lionnes pauvres la pièce la plus sombre d’Émile Augier. Toutes les fois que la famille est en jeu, sa droiture ne fléchit point aux adoucissements. La question d’argent fait rage dans l’esprit et le cœur de Me Guérin. Cet officier ministériel est un honnête fripon : il connaît la loi. De sa femme il a fait son esclave, de sa servante sa maitresse ; il jalouse la gloire et la carrure de son colonel de fils ; et, au fond, il regarde en pitié tous ces gens-là ; il est plus fort qu’eux ”
Jacques-Marie Le Claire, L'ancienne paroisse de Guer (1915)
“ Nous ne croyons pas que les gens de la paroisse de Guer avaient en horreur les seigneurs de l'endroit ; nous pensons même qu'ils les aimaient et les estimaient. Sans doute il y a eu des pillages de châteaux par les paysans, mais ce fut surtout au commencement de la révolution, le fait de gens venus d'ailleurs, et il fallait bien que le peuple fut attaché à ses prêtres et à ses nobles, pour que le chef de la chouannerie établit son quartier-général à Guer même, ce qu'il n'eut pas fait si le pays lui avait été hostile. ”
Fortuné Parenteau, Inventaire archéologique (1878)
“ Vive Louis Guérin, un si bon commandant ; c'est notre vrai soutien ; hélas ! depuis deux ans, qui existerait malgré les bleus dans le pays de Retz, sans vous, Guérin.? Mais tout le monde espère, c'est une vérité, comme étant notre père, vous nous ramènerez, avec tous nos drapeaux victorieux, pour soulager nos maux et être heureux. Faisons tous une fête au jeune la Roberie, son chapeau sur sa tête et son plumet joli, comme un foudre de guerre, le sabre en main, il fout les bleus par terre. ”
Victor Séjour,
Compère Guillery, drame en 5 actes et 9 tableaux…
(1860)
“ GUILLERY, GUILLAUME, LE GEOLIER, dans le fond. GUILLAUME. Incline-toi, et écoute. (Ils sont debont côte à côte. — Guillanme, bans à Guillery.) J'ai pris la place du moine en le menaçant de mettre le feu à son couvent s'il me trahisssait. Approche un peu. Quarante des nôlres sont entrés déguisés cette nuit dans la ville. Ils sont résolus à tout tenter, à tout braver pour te sauver. Je les commande. GUILLERY. Cette forteresse est imprenable. ”
Jean-François Albanis-Beaumont, Description des Alpes grecques et cottiennes… (1802-1806)
“ Le Guier, qui prend sa source dans les montagnes de la grande Chartreuse, et qui se jette dans le Rhône proche de S.-Genis, divisoit ce bourg en deux parties, et son cours formoit les limites des deux états. Au nord des Echelles, et sur un rocher calcaire dont les couches sont fort inclinées du côté de la vallée du Guier, l'on apperçoit les ruines d'une ancienne abbaye détruite par les Français au commencement du dix-septieme siecle: cette abbaye existoit déjà en 1266; puisqu'à cette époque, Béatrix, princesse de Savoie, y fut inhumée. ”
Maurice de Guérin,
Journal, Lettres et Poèmes
(1862)
“ Il n'y avait pas moins de six ou sept lieues à faire ; mais aller vers un grand but et y aller par un long chemin avec un ami, c'est double bonheur. Guérin sentait l'un et l'autre, et il nous l'a dit : « C'est une félicité non pareille de faire route, d'aller voir la mer avec un compagnon de voyage ainsi fait. Notre conversation alla, pour ainsi dire, tout d'un trait de la Chênaie à Saint-Malo, et, nos six lieues faites, j'aurais voulu voir encore devant nous une longue ligne de chemin, car vraiment la causerie est une de ces douces choses qu'on voudrait allonger toujours. » ”
Pierre-Joseph-Olivier Chauveau,
Charles Guérin, roman de mœurs canadiennes
“ Huit jours après celui où nous avons vu partir les deux jeunes Guérin, les habitans de la côte du sud avaient éprouvé tout ce que nous venons de décrire. Ils en étaient rendus à cette dernière bourrasque, qui, si elle n’est pas charmante par elle-même, a toujours cela d’aimable : d’être la dernière. C’était le soir. Madame Guérin et la jeune Louise étaient assises près d’une table, dans la grande salle, qui formait avec deux petits cabinets et la cuisine ou salle des gens, la seule partie habitée de la maison. ”
Paul Réveillère,
Autour du monde, par Paul Branda
(1884)
“ Une grande nation met sa dignité à prouver sa force et non sa justice . La Guiria , pompeusement décorée du titre de ville , se compose d' une centaine de cases non alignées ; néanmoins les habitants , par une grâce spéciale , voient des rues dans des espaces coupés de crevasses de cinq à six pieds de profondeur . Çà et là poussent des orangers , des cocotiers , des bananiers au milieu d' une grande variété d' arbres qui donnent au village un aspect agréable . On y voit errer quelques porcs et beaucoup de capitaines . ”
Pierre-Joseph-Olivier Chauveau,
Charles Guérin, roman de mœurs canadiennes
“ Seulement chacun de son côté regardait à terre et jetait un dernier coup-d’œil sur les objets qui l’intéressaient le plus. Madame Guérin partageait son attention entre sa maison et l’église : elle avait tant de fois parcouru le chemin de l’une à l’autre ! L’oncle Charlot ne pouvait se lasser d’admirer la grange et les autres bâtisses qu’il laissait en si bon ordre. Charles et Louise avaient dans ces parages une foule de vieilles connaissances à saluer au départ. ”
Laurent Mourguet,
Théatre lyonnais de Guignol
“ Guignol. Mais, borgeois, il n’y a plus de Savoie à présent : ils sont greffés, les Savoyards. Cassandre. . Qu’importe ! c’est un nom qu’on donne à une espèce de gâteau ; il saura ce que cela veut dire. — 2o Un pâté de Chartres. Guignol. Un pâté de chatte !... Oh ! je ne pourrai pas manger de chat ; j’aime trop les petits mirons. Cassandre. Ce n’est pas de chatte, c’est de Chartres : c’est le nom d’une ville de France. Tu lui demanderas un grand pâté avec une cheminée. Guignol. Faudra ben qui soye grand pour qu’il y mette une cheminée... faudra qui soye grand comme une maison. ”
Abbé F***, L'illustre bienfaiteur chrétien… (1866)
“ Julien Guérin qui, avant que de s'associer à notre Saint, avait su se sanctifier dans la profession des armes, fut celui auquel le Saint, qui connaissait sa vertu et son courage, donna le département de Tunis. Il eût été difficile de faire un meilleur choix. M. Guérin joignait à une onction capable d'ébranler les cœurs les plus endurcis un zèle comparable à celui des plus grands Apôtres. Il vivait presque sans beire ni manger ; il travaillait avec tant de continuité et d'ardeur, qu'il fallait une espèce de miracle pour lui conserver la vie. ”
Laurent Mourguet,
Théatre lyonnais de Guignol
“ GUIGNOL. Leurs canons de fusil & de pistolet... Et nous sommes sortis triomphants de ces épouvantables souterrains... Grâce à nous deux, à notre courage, à notre énergie, à notre sang-froid, le pays est à jamais délivré de ces infâmes malfacteurs... Voilà ! voilà ! voilà ! TOUS. Vive Guignol ! vive Guignol ! Scène III. LES MÊMES, LE COMTE, ESTELLE.LE COMTE. Mes enfants, la tranquillité est rendue au pays, grâce aux deux héros de cette nuit. On vient d’arrêter à l’instant même le reste de la troupe des faux monnayeurs, & tous subiront la juste peine de leurs forfaits. ”
Jean Froissart,
Les Chroniques de Sire Jean Froissart
“ L’hiver approchoit fort. Les nuits de venoient longues et froides. Les seigneurs de France étoient informés que Guerles n’étoit pas un pays pour hostoyer en temps d’hiver ; et aussi tous les jours on leur rapportoit qu’ils perdoient de leurs gens, chevaliers et écuyers, par ces Linfars [2] qui faisoient embûches sur eux. Tant fut allé, demené et parlementé, que les choses churent à accord. Et approcha le duc de Guerles ; et l’amenèrent le duc de Juliers son père, et le duc de Lorraine son cousin, et l’archevêque de Coulogne, en la tente du roi de France. ”
Noémie Dondel Du Faouëdic, Le journal d'une pensionnaire en vacances
“ Nous entrons dans cette vieille ville forte, comme il n'en existe peut-être pas deux en France, et si bien conservée que, sur dix tours qui formaient sa défense, neuf sont encore intactes. Nous suivons le chemin de ronde de ses fortifications, une jolie promenade plantée et toute moderne, mais qui pourrait bien avoir été jadis un premier mur d'enceinte. La ville de Guérande, position très importante, fortifiée à plusieurs reprises et principalement par Jean V, duc de Bretagne, fut fondée au VIe siècle. ”
Edmond Révérend Du Mesnil,
Armorial historique de Bresse, Bugey…
(1872)
“ GUIGONARD. —■ Reg. de la Chambre des comptes de Chambéry' (Arch. de la Çôted'Or, B 548) : Lettres de noblesse, datées de Thonon, le 10 mai 1430, accordées par Amédée VIII, duc de Savoie, à François Guig'onard, de Pont-de-Vaux, son secrétaire ; les lettres, font mention d'Etienne Guigonard, frère de François, anobli lui et sa postérité « usquè in infinitum. » Les armoiries n'y sont pas désignées. GUIGUE. — Famille bourg-eoise venue de Marseille à Cluny : une branche fut possessionnée au xvme siècle à Lyon et à Trévoux. ”
Maurice de Guérin,
Journal, Lettres et Poèmes
(1862)
“ L'humble sentiment qui termine, et qui tient compte du moindre atome vivant, est à faire envie à un doux poêle de l'Inde. Mais Guérin dut s'arracher à celte solitude, où il allait s'oublier et trop savourer, s'il n'y prenait garde, le fruit du lotos. Dans une dernière promenade, par une riante après-midi d'hiver, sur ces falaises, le long de ce sentier qui tant de fois l'y avait conduit à travers les buis et les coudriers, il exhale ses adieux et emporte tout ce qu'il peut de l'âme des choses. Le lendemain il est à Caen ”
Saint-Poncy, La Gabelle, épisode de l'histoire de Guienne… (1844)
“ LESTONAC , arrivé à Bordeaux sans accidents et sans aventures, trouva la ville tranquille encore, mais la révolte était dans les esprits : une étincelle pouvait en allumer le feu. Les magistrats se réunis- 90 LA GABELLE. saient tous les jours ; le mauvais vouloir de quelques-uns était apparent et la nullité des autres atténuait toutes les mesures de sûreté que l'on aurait pu prendre : le bourgeois était inquiet, le peuple fier et insolent. Un siècle s'était à peine écoulé depuis que la Guienne était française ”
Jacques-Marie Le Claire, L'ancienne paroisse de Guer (1915)
“ Cette seigneurie est placée dans l'évêché de Saint-Malo, à huit lieues de Rennes ; son antiquité est fort considérable, quantité de manoirs nobles en relèvent; on tient même comme prouvé qu'il y en a quatre-vingt-dix-neuf!... (1) . Elle a été possédée par les seigneurs d'Acigné ; actuellement elle a comme propriétaire le seigneur du Bordage (de Montbourcher) , mais le nom de « Guer » a été conservé par le seigneur de la Porte-Neuve. » ”
Louis J, La politique de Guignol : Gnafron & Cie (1876)
“ Guignol, mon ami, travaille et chine tout ton sou. Attèle-toi sur ta banquette, puisque le sort t'a, pour ça faire, agraffé par la tignasse. Fais marcher le battant, depuis la piquette du jour jusqu'à la grande nuit, qu'alors tu allumeras ton chelu pour pinceter ta façure, et faire une longueur de plus. ”
