Résumé

Gabriel de Beugny d'Hagerue La vallée maudite : derniers souvenirs de la Révolution en Artois (1882)

Unac banda son arc et se tint prêt à tirer, ne perdant pas de vue le tronc qui cachait l'ennemi qui venait de s'embusquer. Plusieurs minutes s'écoulèrent. Unac croyait que l'Indien allait pousser un cri d'appel ; mais, soit qu'il se figurât n'avoir affaire qu'à un seul ennemi, soit qu'il mît son amour-propre à triompher seul, le Toltèque demeura immobile et muet.
« Avons-nous rêvé ? murmura Célestin.
– Silence ! » lui dit son maître.
Dents-d'Acier, qui revenait en ce moment sur ses pas, aperçut l'Indien, et, les crocs en avant, se mit à tournoyer
autour de lui, le forçant à se montrer.
Source : Gallica

Gabriel de Beugny d'Hagerue La vallée maudite : derniers souvenirs de la Révolution en Artois (1882)

Je vois d'ici la joie que ton retour causerait au château, répondit le docteur ; oui, je vois d'ici Camille, émue, te sourire, et don Pedro te tendre les bras. Mais après, le désir qui te tourmente de revoir ton pays serait-il apaisé ? le projet que tu as conçu d'une réconciliation si souhaitable entre les Toltèques et les blancs, l'aurais-tu exécuté ? Non. Ce qui est endormi au coeur de l'homme, vois-tu, s'y réveille tôt ou tard. Les reproches que tu
aurais à t'adresser d'avoir oublié ce que tu considères comme un devoir, sais-tu à qui tu les adresserais un jour dans le secret de ton coeur ?
Source : Gallica

Gabriel de Beugny d'Hagerue La vallée maudite : derniers souvenirs de la Révolution en Artois (1882)

Le docteur sourit, tourmenta sa perruque, la replaça sur son crâne, et se frottant vigoureusement les mains :
« Partir, dit-il, non pas, s'il vous plaît. Je vais, pour le moment, imiter Célestin et Pélican, prendre un peu de repos ; mais je reste, senor, je reste. Je veux voir des hommes dans leur vrai rôle : la guerre !
– Ne vous faites donc pas pire que vous n'êtes, mon brave docteur, lui répondit don Pedro. Vous ne voulez abandonner ni Camille, ni moi, ni aucun des gens à qui vous savez que votre secours pourra être utile ici. Dormez bien, ami, Dieu nous viendra en aide. »
Source : Gallica

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