H. Blaze de Bury

Résumé

H. Blaze de Bury Le chevalier George

Comment les erreurs et les superstitions d’un âge qui réclamait un pareil réformateur n’eussent-elles pas, jusqu’à un certain point, ému, tourmenté son esprit ? Comment, sans cette possession, eût-il trouvé la force, l’enthousiasme pour agir sur les masses qu’il devait entraîner ? Luther est un immense poète, mais un poète qui vit ses œuvres. La Bible est son arsenal spirituel, le véritable magasin de ses dépôts de guerre : là, il s’arme lui-même pour le grand combat, de là il tire sans relâche le casque et la cuirasse, la lance et le bouclier, pour les élus.
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H. Blaze de Bury Le chevalier George

De là un art bourgeois qui n’a jamais su produire que des portraits : la froide, rigide et vilaine peinture d’un Lucas Cranach par exemple. Si vous voulez dans Luther contempler le héros, sentir toute sa grandeur historique, envisagez le polémiste, le foudre d’opposition que sa confiance en Dieu remplit de force et de gaîté, et qui, comme Samson avec sa mâchoire d’âne, brandissant à tour de bras l’arme de sa parole, défait, renverse, assomme, tue sur son passage les bandes de l’esprit de corruption, d’ignorance et de ténèbres : un moine contre un monde !
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H. Blaze de Bury Le chevalier George

J’ignore si les vœux de l’honnête homme furent exaucés de son temps ; toujours est-il qu’il n’y paraît guère, à voir cette splendeur forestière, cette exubérance de frondaisons, de graminées qui, de bas en haut, jusque dans les maisons, vous enveloppent, vous cherchent, vous enguirlandent, vous enivrent, s’étalant devant la porte en tapis de mousse, festonnant vos fenêtres, et, non moins que la dense forêt, aujourd’hui l’attrait et l’agrément de cette romantique contrée de Schlangenbad.
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