Résumé

Haussonville La duchesse de Bourgogne et l’Alliance savoyarde…

Aussi ce dernier venait-il de plus en plus rarement à Meudon. Il s’y sentait toujours timide, gêné, « en brassière, » répète souvent Saint-Simon, et si Monseigneur se comportait toujours vis-à-vis de la Duchesse de Bourgogne en beau-père affectueux, il témoignait au Duc de Bourgogne une froideur marquée, réservant toutes ses tendresses et ses complaisances pour son second fils, le Duc de Berry, comme lui grand mangeur, grand chasseur, sanguin, emporté, bien qu’au fond d’humeur assez débonnaire, et vers lequel il se sentait attiré par ces ressemblances de nature.
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Haussonville La duchesse de Bourgogne et l’Alliance savoyarde…

Mais il n’en vivait pas moins sur un pied de grande intimité avec la Duchesse de Bourgogne, ne bougeant guère de chez elle, et prenant part à tous ses plaisirs. Madame, toujours sévère, lui reproche même son attitude au milieu du petit cercle de dames qui entouraient la Duchesse de Bourgogne. « Depuis nombre d’années, écrivait-elle le 9 juin 1708, le Duc de Berry n’écoute que la Duchesse de Bourgogne et ses dames. Comme celles-ci ont autant de savoir-vivre que des vaches dans leur vacherie, elles le traitent comme un valet, il ne sait plus lui-même qui il est [22] . »
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En gagnant le sien, la Duchesse de Bourgogne eut un court entretien avec une de ses dames, Mme de Lévis, la fille du duc de Chevreuse. Mme de Lévis lui dit « que n’ayant pas lieu d’être affligée, il seroit horrible de lui voir jouer la comédie. Elle répondit bien naturellement que, sans comédie, la pitié et le spectacle la touchoient et la bienséance la contenoit et rien de plus. » Après ces courtes paroles, qui exprimaient avec dignité et sincérité ses véritables sentimens, elle rentra dans son appartement où elle reposa paisiblement jusqu’au matin.
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