Joséphin Peladan

Joséphin Peladan

Résumé

Portrait de Joséphin Peladan Joséphin Peladan La Décadence latine

II
hymne à l'androgyne
I Éphèbe aux petits os, au peu de chair, mélange de force qui viendra et de grâce qui fuit. Ô moment indécis du corps comme de l’âme, nuance délicate, intervalle imperçu de musique plastique, sexe suprême, mode troisième ! Los à toi !
Vierge au bras mince, au peu de gorge, illusion de force qui se joue, cachée dedans la grâce ; heure vague du corps et point confus de l’âme ; hésitante couleur, accord enharmonique, héros et nymphe, apogée de la forme, la seule conceptible au monde des esprits.
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Portrait de Joséphin Peladan Joséphin Peladan La Décadence latine

« Je vais vous le prendre, Samas, ce papier. »
Samas sourit et passa sa langue sur ses lèvres paisibles pour en raviver l’éciat.
Alors le jésuite, nerveusement, saisitle frêle poignet blanc et veiné de l’élève et le retint sans oser le serrer.
D’une voix haute, qui retentit jusqu’au réfectoire, d’une voix cinglante, Samas cria :
— « Vous me caressez ; c’est impur. »
L’ironie, le jésuite la reçut si droit au cœur qu’il balbutia stupéfait : à cet instant, quelqu’un se dressa près de lui, qui avait bondi du réfectoire.
— « Agûr ! » fit le régent.
— « C’est vous ? » dit Samas.
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Le surveillant hocha la tête.
— « Le grand Pan aux échos de ce collège fait entendre sa syrinx, les fleurs sont des inciteuses de mollesse, ce sont de belles choses cependant. »
— « Chut, » fit l’humaniste ; « ses lèvres ont bougé, » et il appliqua son visage au treillis.
Samas resserra l’étreinte de ses mains sur le précieux papier où une âme s’était abdiquée toute, et souriant dans son sommeil, deux larmes jaillirent de ses paupières fermées, et sa bouche entr’ouverte souffla très doucement ces seuls mots :
— « Je suis aimé. »
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