Léonce de Larmandie

Léonce de Larmandie

Résumé

Portrait de Léonce de Larmandie Léonce de Larmandie La chevauchée des chimères (proses lyriques… (1888-1891)

Une cérémonie bien suggestive était la messe de Noël. On se levait à onze heures et demie du soir,— chose inouïe. —Tout imprégné de rêves, de frissons, de vagues chimères nocturnes, on arrivait subitement dans la chapelle illuminée à jour. Une buée d'encens flottait, les chasubles et les dalmatiques d'or évoluaient devant l'autel éclatant. Et, tout d'un coup, chanté par les voix les plus jeunes et les plus fraîches, tombait dans l'ébahissement de l'ouïe le vieux Gloria des bergers. Nous n'étions plus sur la terre, nous nous sentions bercés dans une sorte de monde astral.
Source : Gallica

Portrait de Léonce de Larmandie Léonce de Larmandie La chevauchée des chimères (proses lyriques… (1888-1891)

Pauvre religieux, j'entends ta prière ; ta plainte est parvenue jusqu'à moi. Exegi monumentum, j'ai terminé la statue, mais je renonce à y porter même un coup d'œil profanateur. Elle est bien à toi qui arrosas ce calcaire de tes larmes, qui l'as fait palpiter et vivre dans l'embrasement de la tendresse. Je t'offre l'œuvre entière, sortie comme Minerve tout armée de mon cerveau. Et, si ma volonté peut lui souffler une âme, l'ingrate ouvrira ses bras et se rappellera son vieil amant. Elle t'accablera de flatteries et de caresses, elle se prosternera pour te demander pardon.
Source : Gallica

Portrait de Léonce de Larmandie Léonce de Larmandie La chevauchée des chimères (proses lyriques… (1888-1891)

D'abord, la veille au soir, la face joyeuse de mon père tendrement embrassée, la nuit passée presque tout entière en impatiences, le réveil allègre, tous les bruits monotones et moroses du dortoir métamorphosés en chants d'ivresse, en fanfares de résurrection. L'étude, la messe et la classe du matin vaillamment supportées, au milieu du sourire universel des choses et des visages. Pendant la courte récréation qui précède la liberté, l'attente angoissée, les tremblements fébriles à chaque fois que le frère portier, ricanant et boitillant, vient apporter un billet contenant le nom d'un appelé.
Source : Gallica

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