Résumé

Portrait de Jules Barni Jules Barni Publications de l’Union républicaine de la Somme

Je disais tout à l’heure que la République doit être l’institutrice du peuple ; il faut aussi qu’elle soit pour lui une école de morale, car sans la morale ou la vertu publique, — ceci est encore une vérité évidente par elle-même, — il n’y a pas de République. Le despotisme entretient la corruption, qui l’entretient lui-même : il corrompt les âmes pour les asservir ; la République au contraire veut des âmes en qui règnent le sentiment de la dignité humaine, le respect de la liberté et des droits de chacun, le désintéressement, le dévouement à la chose publique.
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Sans cette double égalité, les membres de la société, au lieu de former, comme il est juste et conforme à l’intérêt général, un seul et même corps, sont divisés en classes distinctes et nécessairement hostiles : la loi n’étant pas la même pour tous, on a une classe de privilégiés en face du reste de la nation ; et tous ne participant pas au gouvernement de la chose publique, d’un côté sont les gouvernants et de l’autre les gouvernés.
Plus de priviléges, plus de distinctions de castes ou de classes, tous citoyens au même titre, telle est l’égalité dans l’État.
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La liberté et l’égalité sont donc de droit strict, et la Révolution française, en les inscrivant dans sa devise, n’a fait que se conformer à la simple justice.
Mais le respect du droit strict ne suffit pas dans la société. Il ne suffit pas de ne pas attenter à la liberté d’autrui et de ne pas blesser l’égalité qui dérive du principe même de la liberté ; pour qu’une société d’hommes soit vraiment humaine, il faut qu’ils se regardent comme faisant partie, à titre d’hommes, d’une seule et même famille, et qu’ils s’aiment comme des frères.
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