M. G. Lejean

Résumé

M. G. Lejean Le Tour du monde

À Kaimar, je sortis de l’oasis du Kordofan pour entrer dans le désert. Je me rendis de là à Kharthoum en suivant une route brisée comme un N posé horizontalement, et passant par les monts Zer’aoua, Haraza, l’oasis d’Abou-Gonatir, le mont Lao-Lao et le bras d’Echegoub, latéral au Nil blanc. Sur cette route, je fis quelques découvertes : je faillis mourir, et je fus victime du ragle, cette maladie bizarre qui n’est que trop réelle et que je me garderai bien de souhaiter à ceux qui en contestent l’existence.
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M. G. Lejean Le Tour du monde

Au levant, la vue s’étendait à deux grandes journées de marche bien au delà de Lobeid : les villages et les cultures disparaissaient dans le tapis vert de la forêt, qui, de cette hauteur, faisait l’effet d’une pelouse parsemée de gigantesques baobabs d’un vert sombre. Elle se prolongeait au couchant vers le Darfour et entourait deux collines qui, par une bizarrerie géologique, montraient deux sommets à peu près cylindriques semblables à des ruines féodales. On eût dit deux forteresses antiques bâties pour protéger la frontière de la province [2] .
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M. G. Lejean Le Tour du monde

Nous marchons au sud-sud-ouest, en nous écartant peu à peu du fleuve, dont les rives plates et monotones, beaucoup trop vantées par le voyageur autrichien Russegger, n’offrent à l’est qu’un seul accident saillant, le Djebel-Aouli ou Djebel-Chêrtan (mont du Diable) . La rive ouest est bordée d’ondulations sablonneuses et ravinées qui nous fatiguèrent beaucoup et nous menèrent jusqu’à Abou-Sarad, où la route quitte la vallée du Nil pour suivre un plateau boisé parcouru par les nomades.
Nous entrâmes dans l’oasis cultivée qui forme proprement le Kordofan, à El-Koï, que nous trouvâmes désert.
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