Marcel Boulenger 

Résumé

Marcel Boulenger  Revue des Deux Mondes

« J’espère d’ailleurs que nul Sénat, ni qu’aucun pasteur de peuples, envisageant comme Marc-Aurèle les affaires du monde au nom de la philosophie, n’arrêtera nos armes avant que les Barbares ne jonchent la route jusqu’à Vienne et jusqu’à Berlin. Je compte voir cela avant de mourir triomphalement ! »
Et comme à ce mot je me fâchais encore, Gabriele d’Annunzio baissa les yeux, et prit sa voix très nette et très calme, celle qui lui vient aux lèvres dès qu’il nomme son pays :
— L’Italie, fit-il, est une patrie jeune. Elle n’a pas vos siècles d’unité, vos siècles d’histoire.
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Marcel Boulenger  Revue des Deux Mondes

J’ai toujours frissonné en entendant Gabriele d’Annunzio parler de l’Italie. Il n’est pas seulement le fils, mais aussi l’amant de son pays : et sa tendresse brûlante et concentrée lui sort par les pores de la peau, dirait-on. Sur tous les sujets, il s’abandonne avec plaisir, et parfois avec coquetterie, a son lyrisme naturel et charmant. Toutefois, dès qu’il s’agit de sa patrie, le poète change de ton, non moins que de visage ; il se replie sur lui-même, en quelque sorte, et se recueille : on croirait qu’il s’arme.
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Marcel Boulenger  Revue des Deux Mondes

J’aime de passion le vol. Voudriez-vous que je menasse l’existence d’un commandant podagre, qui signe des pièces ? Jamais je ne me sens plus heureux que là-haut, loin de toutes les pauvretés et langueurs humaines... En outre, faut-il vous l’avouer ? j’adore la guerre. Après l’avoir souhaitée de toutes mes forces, pour l’honneur et la gloire de l’Italie, après avoir lancé l’appel aux armes, sur le rocher de Quarto et le balcon du Capitole, je tremblais de voir mes forces me trahir au moment de prendre pour si longtemps l’épée. Or, mon corps m’a permis de faire ce que voulait mon énergie.
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