Résumé

Procès de la souscription nationale… (1820)

Gardiens de la loi, nous aimons avant tout le régime naturel des lois : tout ce qui est hors des régies communes nous parait toujours fâcheux; peut-être même dirions-nous qu'il est des circonstances et des temps où il est plus regrettable qu'on soit forcé de recourir à des moyens exceptionnels. Mais de quel droit, nous insurgeant confie la suprême décision du législateur, viendrions-nous méconnaître l'autorité de la loi ? On en appelle à l'éternelle raison, ou (dans l'écrit du 3o mars) aux droits qui ont précédé les sociétés! Mais où en sommes-nous donc? ne vivons-nous pas en état de société ?
Source : Gallica

Procès de la souscription nationale… (1820)

Et quel genre de délit, en effet, en feriez-vous résulter? Serait-ce, comme le soutient le ministère public, une attaque contre l'autorité constitutionnelle du Roi et des Chambres? Y a-t-il dans la Constitution quelque article qui prohibe la bienfaisance ?
Serait-ce une provocation à la désobéissance aux lois ? A quelle loi aurait-on pu désobéir? Ce ne serait pas à toutes les lois, c'est sans doute à la loi du 26 mars ; et cette loi ne commande rien, ne défend rien aux citoyens. Elle autorise seulement les ministres à arrêter les citoyens, sans être forcés de les mettre en jugement
Source : Gallica

Procès de la souscription nationale… (1820)

Le ministère public nous a reproché cette expression : victimes de l'arbitraire. On proclame donc ceux qui seront détenus en vertu de la loi, victimes de l'arbitraire; mais cela ne fait pas l'ombre d'un doute. C'était la pensée du législateur. L'homme qu'on détient sans jugement, qu'il soit coupable ou non, est toujours victime de l'arbitraire. Arrêter un homme pour ne pas le mettre en jugement, c'est là l'arbitraire : il n'y a d'arrestation légale que celle qui a pour résultat d'arriver à un jugement. Il y a même des pays où l'arrestation n'a lieu qu'après le jugement.
Source : Gallica

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