Robert Charbonneau

Résumé

Robert Charbonneau Les Désirs et les jours

Marguerite crie : « Auguste, viens ! » Il se penche sur elle, elle le serre de ses deux bras où toutes ses forces se sont portées. Dans ses yeux, pendant les crises qui se prolongent au point qu’elles ne lui laissent presque plus de répit, passent des visions d’épouvante. Le regard est tourné en dedans et les lèvres se figent dans un rictus mécanique qui n’a plus rien d’humain. Il s’efforce de la rassurer. Il est calme, plus calme qu’on ne l’est à quatre heures du matin, quand on n’a pas dormi depuis trente-six heures. « C’est de ta faute », crie-t-elle avec colère.
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Robert Charbonneau Les Désirs et les jours

Pierre tente de la capturer, mais la bête élude son piège et voulant fuir lui frôle la tête. Il laisse échapper un cri de panique, vite réprimé. Maintenant qu’il a eu peur, une volonté irraisonnée de tuer s’empare de lui. Il ne voit plus Auguste, il n’a d’yeux que pour ce petit être inoffensif contre lequel il s’acharne avec un bâton.
La chauve-souris a roulé au pied d’un gros arbre. Les jambes écartées, le souffle court, Pierre la regarde. Il tremble de tous ses membres, effrayant à voir. Son compagnon, mal à l’aise, s’est détourné de lui.
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Robert Charbonneau Les Désirs et les jours

Des gens courent dans la rue. « It must be something about the war », dit M. Closey. Auguste, sensible à cette atmosphère a le cœur serré. Il a peur et il n’a pas peur ; il sent une exaltation qui, joyeuse ou triste, se traduira par des larmes. À ce moment, une des femmes qui courent en agitant leur tablier, se jette devant les chevaux en criant : « La guerre est finie, la guerre est finie, M. Closey. » Les chevaux effrayés se câbrent et font un brusque écart avant de se lancer en avant. Auguste s’agrippe à M. Closey, mais Johnny, surpris par la brusquerie de la secousse, culbute sous la roue.
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