Robert Charbonneau

Élements biographiques

Robert Charbonneau,  Les Désirs et les jours

“ Eugénie le regarde, les yeux remplis de larmes ; elle n’éprouve plus devant lui aucune terreur. Elle sait ce dont il est capable et ce qu’il pense. Elle a pour lui une immense pitié. Elle veut tendre les bras vers lui et ses lèvres essaient de former le mot « pardon ». Et tout à coup, Pierre éclate en sanglots et se jette à genoux au pied du lit. Il a pardonné, mais il ne peut pas se résoudre à aimer. Au fond, il n’a fait que cela depuis qu’il la poursuit de sa haine. Chaque fois qu’il la frappait, c’est son propre cœur qu’il atteignait. ”
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Robert Charbonneau,  Aucune créature

“ Georges ne pouvait détacher son regard des photos. Il s’était laissé choir dans un fauteuil, près de la cheminée, et s’attachait à interroger ses traits. Dans l’une des épreuves, on voyait d’abord le torse énorme, puis la tête panachée d’une mèche grise, le front noueux, les yeux profondément enchâssés. Il protesta :
— Ces épaules de docker, ces yeux qui regardent de loin...
Jean descendait à son tour. Il vint rejoindre ses parents dans le salon. Il ressemblait à son père dont il avait les yeux gris, un peu enfoncés dans les orbites, la lèvre généreuse, le teint bistre.
”
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Robert Charbonneau,  Fontile

“ Même avec Georges, même avec Armande ; partout dans tous les groupes j’avais été seul. En essayant de me changer, j’avais agrandi le champ de mon action, mais l’ombre projetée par mon esprit sur les choses était la même. La profondeur et l’étendue de ma prise sur les êtres n’avait pas changé. Il dépend peut-être de l’homme de modifier sa situation, sa condition sociale, mais dépend-il de lui de s’ajouter un talent.
J’étais déchiré, j’avais perdu tout équilibre. Je ne voyais d’issue que dans un désespoir sans visage. Où aurai-je fui ? On ne se fuit pas soi-même.
”
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