Georges Renault

Résumé

Georges Renault Les rois du ruisseau (1900)

Tandis que le vieux fait glisser le long du corridor de la maison la poubelle qu'il est allée chercher, le gamin étale sur le trottoir une grande toile, que pour plus de précaution, il fixe aux quatre coins. En un clin d'œil, saisie par des bras expérimentés, la boîte est renversée sur le tapis improvisé. Cendres, épluchures de légumes, tout l'amas s'écroule, s'affaisse, s'étend à
l'aise, dégageant un tel nuage de poussière que malgré tout l'intérêt que nous inspire le stratagème, nous sommes forcé de nous reculer de quelques pas.
Source : Gallica

Georges Renault Les rois du ruisseau (1900)

Rien de plus intéressant à étudier qu'une physionomie de biffin. Les rides y sont profondes, accentuées, la barbe inculte, les cheveux en broussailles encadrent d'une façon saisissante la bouche amère et les yeux dont l'expression hagarde, s'anime dans l'ivresse. Le regard devient fauve et se charge d'éclairs métalliques.
La saoulerie bruyante prête à ces miséreux l'expression hautaine, la voix cuivrée que devaient avoir dans leurs festins les hommes des premiers âges. La seule joie qu'ils aient, qu'ils puissent avoir, ils la doivent à l'alcool.
Source : Gallica

Georges Renault Les rois du ruisseau (1900)

En arrivant, chacun empoigne qui la hotte, qui le sac, jeunes et vieux commencent la récolte, cependant que la carriole qui tout à l'heure reprendra bondée le chemin des fortifications reste sous la garde d'un brave chien accroupi entre les roues.
Tels locataires, tels concierges, pourrait-on dire en parodiant le proverbe. Dans les quartiers aisés, ce n'est point habitude aux modernes cerbères de se lever tôt. Le biffin doit aller lui-même chercher la poubelle dans la cour intérieure de la maison et l'amener sur le trottoir son domaine, tant que les boueurs n'auront pas fait place nette.
Source : Gallica

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