Résumé

Portrait de Saint-Pol-Roux Saint-Pol-Roux,  L’Âme noire du prieur blanc

“ BÉNÉDICT, décidé.
Je serai dans ma bergerie ce soir même.
Le Prieur D’autrefois.
L’orpheline attend l’orphelin. Prends-la pour femme et sagement adorez-vous, pauvres d’esprit, le jour parmi le regard des bluets, la nuit sous le parfum des étoiles. — La Femme, vase de délices !...
BÉNÉDICT, l’âme bercée,
La Femme, vase de délices ?...
Le Prieur D’autrefois.
La femme, vois-tu, c’est la nécessaire. Exilé d’elle, on s’éprend aridement des diaphanes saintes des vitraux au sang de soleil. Vas à l’ange sans ailes : la femme d’ici-bas.
”
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Portrait de Saint-Pol-Roux Saint-Pol-Roux,  L’Âme noire du prieur blanc

“ Sorti de l’enfer, je t’apparais sans que pour cela ne cessent mes tourments, l’enfer étant partout où souffre le damné.
BÉNÉDICT, l’examinant.
Et ceci... fut ton corps ?
Le Prieur D’autrefois.
Oui, mais il est devenu mon âme elle-même. Ceci est mon âme apparente. En voyant ceci, tu vois mon âme.
BÉNÉDICT, se détournant.
Oh que ton âme est noire !
Le Prieur D’autrefois.
Ainsi, cause de notre perdition, le corps persévère afin que nous souffrions avec tous ses sens... De même immortalité que l’âme, il brûle sans se consumer jamais !
”
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Portrait de Saint-Pol-Roux Saint-Pol-Roux,  L’Âme noire du prieur blanc

“ Onésime.
Vous me voyez logé à la même enseigne, frère cuisinier.
Le PRIEUR D’AUTREFOIS, garanti par la Statue.
Qu’à cela ne tienne, camarades, buvez !
LES DEUX FRÈRES, nez à nez.
S’il vous plaît ?
Athanase.
Je n’ai dit mot.
Onésime.
Ni moi.
Athanase. Pardon, c’est vous.
Onésime. Permettez, c’est vous.
Le Prieur D’autrefois, toujours dissimulé derrière la Statue.
Trêve’de verbiage, et buvez donc !
Les deux frères se serrent l’un contre l’autre, dos à dos ; leur peur fait trembler le trousseau de clefs d’Onesime
LES DEUX FRERES, à voix basse.
”
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