“ Dona Rose Rose, infante d'Orthez. Don Sanche Nous sommes fiancés. Torquemada Vous n'avez fait, je pense, Que des voeux qu'on délie avec une dispense. Mais comment se fait-il que vous soyez ici? Don Sanche Le roi m'a mis de force au couvent. Elle aussi. Nous nous sommes enfuis. Torquemada Vous paierez une amende. Le roi paiera plus cher, sa faute étant plus grande. Que le cloître de Dieu soit la prison du roi, C'est un crime, et nul n'entre au couvent malgré soi. Vous êtes libres. Rose, espère! Sanche, espère! Que voulez-vous encor? Don Sanche Nous marier, mon père. ”
Victor Hugo
Résumé
Torquemada1882, de Victor Hugo, est un drame historique qui dévoile les tensions entre le pouvoir religieux et la liberté individuelle, au cœur d’un conflit amoureux et politique. Les personnages principaux, Dona Rose et Don Sanche, incarneront une jeunesse en quête de liberté, contrariée par les dogmes et les manœuvres de la cour, tandis que le cardinal Torquemada représente l’emprise étouffante de l’Église.
Les thèmes de l’exil, de l’inquisition et de la croix dominent, illustrant une lutte entre l’âme et la raison. L’œuvre, publiée en 1882, révèle une critique mordante des institutions religieuses, à travers des dialogues percutants et une mise en scène symbolique de l’enfer et de la purification par le feu.
Citations de Torquemada1882 (Victor Hugo)
“ Le Marquis Le lion a faim. Le Roi Écoute. J'aime, donc je hais. Je me retrace Leur enfance en commun, ce cloître, elle, sa grâce, Lui, son audace, l'herbe et le champ de genêt, Et l'ombre, et les baisers que l'insolent prenait! Ce don Sanche! oh! j'en suis jaloux! je m'en délivre! Je me plais à compter dans mon coeur, de rage ivre, Les sombres battements de la haine, et j'en veux Sentir l'âpre frisson jusque dans mes cheveux! Haïr est bon. Tenir son ennemi qu'on broie Et qu'on foule aux pieds, ah! ”
“ En présence du faux pontife, est le vrai prêtre, Et que, tout en restant, par devoir, prosterné Devant l'altier vicaire au hasard couronné, Cet inconnu pensif porte en lui l'âme même De l'église, dont l'autre a le vain diadème! Eh bien, que dirais-tu si ce chef de la foi, Et si cet inconnu suprême, c'était moi? François de Paule Le pape, homme de Dieu, règne. Il n'est pas deux Romes. Torquemada Nul n'est homme de Dieu s'il n'est l'homme des hommes. Je suis cet homme-là. L'enfer et sa noirceur Attendent l'univers. Je suis le guérisseur Aux mains sanglantes. ”
