Domenico Batacchi

Résumé

Domenico Batacchi Nouvelles de Batacchi

Pour se faire un mérite d’une fausse honnêteté
Et détourner l’attention de son époux,
Qui pouvait avoir sur le comte quelque soupçon,
La Duchesse révéla du moine l’impur amour.
Tel dans le Vésuve est impétueux et ardent
Le dévorant élément de Vulcain,
Alors qu’il sort horrible et furieux
Et de lave fondue inonde la montagne et la plaine :
Telle s’alluma la colère dans le cœur du Duc,
Quand il apprit de sa femme pareille nouvelle.
« Juste ciel ! » s’écria-t-il, « qu’entends-je ?
» Je ne sais où je suis ! Je demeure pétrifié !
» Oh ! étoiles ! oh ! lune ! Oh ! soleil ! Oh !
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Domenico Batacchi Nouvelles de Batacchi

Le page le vit, et il se sentit au cœur
Naître une émotion aigre-douce :
Mettre des cornes sur la tête de son seigneur,
Était chose qui valait la peine d’y penser ;
Entrer dans le lit de la Reine adorée.
Était le plus doux de tous les plaisirs.
Déjà il avait la robe de chambre sur le dos,
Sous le menton son chapeau était attaché
Et, enveloppé dans un manteau rouge comme celui du Roi,
Il ressemblait à Barbagrazia tout craché.
Ses compagnons étaient plongés dans un sommeil tel
Qu’à peine si la nature en donne un pareil aux loirs.
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Domenico Batacchi Nouvelles de Batacchi

Puis, cédant à la colère qui le talonne,
Il lui flanque sa couronne à la tête.
Il lui aurait envoyé son trône aussi,
S’il eût été un peu plus léger ;
Puis il s’écria : — « Brigand, sors d’ici, va-t’en
» Hors de ma présence ! ou, par le Dieu saint !
» Si tu ne t’éloignes d’ici, sur l’heure,
» J’en viens à te pendre de mes propres mains. »
Le Comte, dépourvu de prudence,
Répondait mot pour mot, propos pour propos ;
Bischerone ne supporte pas ce langage,
Il saute à bas de son trône,
S’élance, empoigne le comte par les cheveux,
Et lui crible le museau de coups de poing.
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