Vojislav Mate Jovanović

Résumé

Vojislav Mate Jovanović "La Guzla" de Prosper Mérimée

Goethe a-t-il sainement jugé Mérimée de 1827?
À notre avis, il le croit plus artiste et dilettante qu'il ne l'est à ce moment; il ne soupçonne pas assez le poète. Nous pensons qu'il y a plus de sincérité dans la Guzla que n'en a voulu reconnaître l'illustre vieillard. C'est pour Mérimée plus qu'un «exercice, un moyen de perfectionner son talent». La Guzla, c'est la pierre qu'apporte en convaincu, un jeune littérateur, à l'édifice que d'autres enthousiastes sont en train d'élever. Mais est-ce sa faute si son tempérament le portait à s'abstraire de ses œuvres, à ne s'y mettre en aucune façon?
Source : Gutenberg

Vojislav Mate Jovanović "La Guzla" de Prosper Mérimée

J'aime les chants populaires de tous les pays et de tous les temps, disait-il, depuis l'Iliade jusqu'à la romance de Malbrouk. À vrai dire, je ne conçois pas, et c'est peut-être une hérésie, je ne conçois guère de poésie que dans un état de demi-civilisation, ou même de barbarie, s'il faut trancher le mot. C'est dans cet heureux état seulement que le poète peut être naïf sans niaiserie, naturel sans trivialité. Il ressemble alors à un charmant enfant qui bégaye des chansons avant de construire une phrase.
Source : Gutenberg

Vojislav Mate Jovanović "La Guzla" de Prosper Mérimée

D'autre part, l'amour du primitif avait poussé Mérimée du côté de la poésie populaire. À l'école de Fauriel, le jeune écrivain avait appris à «découvrir comme le cri de la nature souvent sauvage et bizarre, mais quelquefois sublime», à goûter le charme exquis de ces productions naïves. Car il y avait au fond de cet être d'apparence égoïste et sec, un véritable poète, un peu timide et jaloux parce que conscient de son impuissance en comparaison des «grands hommes du jour», mais un poète quand même, capable d'être ému et d'émouvoir.
Source : Gutenberg

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