Émile Verhaeren

Émile Verhaeren

Résumé

Portrait de Émile Verhaeren Émile Verhaeren Toute la Flandre

Et récitant, à bras lassés, chaque antienne,
Cahin-caha, des besognes quotidiennes.
Hélas ! la pauvre vie au fond du vieil hiver,
Lorsque la dune crie, et hurle avec la mer,
Et que la femme écoute, auprès du feu sans flamme,
On ne sait quoi de triste et de pauvre en son âme,
Et que ses bras fiévreux et affolés de peur
Serrent l’enfant pour le blottir jusqu’en son cœur,
Et qu’elle pleure, et qu’elle attend, et que la chambre
Est comme un nid tordu dans le poing de Novembre.
Les Tours au bord de la Mer
Veuves debout au long des mers.
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Portrait de Émile Verhaeren Émile Verhaeren Toute la Flandre

Au bord de leurs terriers, les petits lapins prestes,
Sur les mousses du sol chauffé font leurs siestes,
Le flot s’étire au loin, le vent semble engourdi
Mille dents de soleil mordent le sol sans ride,
Rien n’apparaît ; seul un nuage épais et blanc
Se tasse en boule à l’horizon brûlant,
Entre deux monts d’oyats et de sable torride.
Soudain, farouche et haletant
Un battement d’ailes s’entend
Là-haut.
Ce sont les clairs et mantelés vanneaux
Qui s’exaltent, avec des cris,
Au-dessus de leurs nids
Dissimulés à peine,
À fleur du sol, parmi la mousse et les troènes.
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Portrait de Émile Verhaeren Émile Verhaeren Toute la Flandre

Qui s’est, depuis quels jours, depuis quels temps,
Obstinément, nourrie et assouvie
Aux lisières du sol flamand ;
La dune rude et sa large lumière,
Les champs bordés de buissons roux,
Les petits clos et les pauvres chaumières
S’aiment en vous ;
Ils vous ont faits ce que vous êtes :
Toi, gars rugueux, taciturne et brutal,
Toi, fille saine, éclatante et replète,
Comme un bouquet du clos natal ;
Ils connaissent mieux que vous-mêmes
Les mots jaillis de vos sens affolés :
C’est eux jadis qui les ont révélés
À ceux qui s’aiment,
Depuis qu’en Flandre on a parlé.
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