Étienne Jodelle,
Les Œuvres et Meslanges poétiques
“ Que mon Cesar de moy se vantera. O ! S’il me faut ores un peu dresser L’esprit plus haut et seul en moy penser, Cent et cent fois miserable est celuy Qui en ce monde a mis aucun appuy : Et tant s’en faut qu’il ne fasche de vivre A ceux qu’on voit par fortune poursuivre, Que moy, qui suis du sort assez contant, Je suis fasché de me voir vivre tant. Où es tu, Mort, si la prosperité N’est sous les cieux qu’une infelicité ? Voyons les grands, et ceux qui de leur teste Semblent desja deffier la tempeste : Quel heur ont ils pour une fresle gloire ? ”
