Étienne-Léon de Lamothe-Langon,
Souvenirs d’un fantôme
“ Oui, elle-même vêtue comme à l’heure où je l’avais envoyée sans confession en l’autre monde : elle était pâle et le sang coulait avec abondance de la blessure que ma dague avait faite à son cœur... Le mien cessa presque de battre : j’étais hors de moi, je ne pus rien dire ni faire, je demeurai immobile, les cheveux hérissés, et attendant avec effroi ce qui allait advenir : « Dieu t’a fait une grande grâce, » dit-elle ; « repens-toi. » : Et je ne la revois plus. C’était une vision, un rêve peut-être, et pourtant mes yeux et mes oreilles rendaient témoignage contre mon incrédulité. ”
