Delphine de Girardin,
La Croix de Berny
(1845)
“ Par intervalles Edgard lançait un regard furtif au piano muet, à la broderie, aux fleurs du vase, à la partition ouverte sur le pupitre ; vous faisiez la même chose, vous, et comme à votre insu ; mais vos deux regards ne se portaient jamais ensemble sur le même point. Quand Edgard regardait les fleurs, vous regardiez le piano. Ainsi du reste ; et si chacun de vous eût été seul, il eût contemplé longtemps avec amour toutes ces futilités qui se parfument sous la main d’une femme, et qui semblent retenir quelque chose d’elle, à la place où elle n’est plus. ”
