Delphine de Girardin,
La Croix de Berny
(1845)
“ Edgard ! Edgard ! quand j’ai vu couler le sang ; quand j’ai vu la jeunesse et la vie sous la pâleur du cadavre ; quand vous m’avez laissé seul sur ce théâtre de mort, une révolution subite s’est opérée dans mon esprit ; il m’a semblé que cet instant me vieillissait d’un demi-siècle, et, sans m’ôter toute ma haine, ne m’en laissait que la perception confuse, avec un vague souvenir plein de tristesse et de désenchantement. Le crime était grand, sans doute ; mais quelle foudroyante expiation ! quel enfer, résumé pour lui dans une minute d’agonie ! Tout perdre à la pointe d’une épée, tout ! ”
