Adèle Bibaud

Adèle Bibaud

Résumé

Portrait de Adèle Bibaud Adèle Bibaud Lionel Duvernoy

Edgard, je ne me comprends plus ; je suis inquiet ; si une lettre de Laure retarde, je sens un malaise incapable à définir.
Qu’est-ce que j’éprouve ? Je ne pourrais le dire. Vais-je m’éprendre d’une femme que je ne connais pas ?
Avez-vous jamais entendu parler d’une chose semblable ? est-ce que l’on peut aimer sans connaître l’objet aimé ? Rassurez-moi, Edgard, dites-moi que je n’ai jamais aimé, l’amour je ne le connais pas.
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Portrait de Adèle Bibaud Adèle Bibaud Lionel Duvernoy

Georges hésita.
— Et Noëmie, dit-il.
— Noëmie vous oubliera, vous aussi.
Un profond soupir souleva la poitrine du marquis.
— Ma foi, dit-il, vous avez peut-être raison. Ne vaut-il pas mieux en finir de suite et connaître mon malheur tout entier. Je suis las de la vie que je mène, je sens bien qu’au fond de mon cœur doit vivre un éternel regret ; mais je n’ai pas le droit de faire partager mes chagrins à Noëmie.
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Portrait de Adèle Bibaud Adèle Bibaud Lionel Duvernoy

Vous êtes beaucoup trop jeune et trop jolie pour gâter votre visage avec ces vilaines larmes. Venez demeurer avec moi et jouissez de la vie, à la jeunesse il faut le plaisir. Je n’ai pas d’enfant, c’est moi qui me charge de votre entrée dans le monde. Le titre de baronne vous déplaît changez-le pour celui de votre terre de Soulanges. Vous êtes libre, votre mari vous le dit, donc vous êtes encore jeune fille. Amusez-nous et moquez-vous des hommes, c’est la plus grande consolation qu’une femme puisse trouver lorsqu’elle a été outragée.
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