“ Eh bien ! quoique le Salon ne soit plus qu’un champ de paix et de tolérance, au lieu d’être un champ de bataille, la querelle n’est pas terminée ; les deux génies de la peinture, le dessin et la couleur, n’en continuent pas moins une guerre sourde, où l’un tâche d’anéantir l’autre, où le premier cependant semble prendre, d’année en année, de nouveaux avantages. Qui l’emportera, d’Overbeck et de M. Ingres, ou de Rubens et de M. Delacroix ? David reviendra-t-il régner en maître sur le trône de l’art ? le dessin chassera-t-il la couleur comme une vaine fumée, une vaine illusion ? ”
A. B.
Élements biographiques
A. B., figure éminente de la critique et de l’écriture du XIXe siècle, s’illustre par une réflexion pénétrante sur l’art, la politique et la condition humaine. Son œuvre, marquée par des textes comme Revue des Deux Mondes ou La royauté, interroge les tensions entre tradition et modernité, tandis que Madame Barbier.
Souvenirs explore la générosité et la dévotion personnelle. Son style, à la fois analytique et lyrique, révèle une préoccupation constante pour la vérité artistique et la dignité nationale, affirmant son rôle de témoin et de penseur engagé.
Citations de A. B.
A. B., Madame Barbier. Souvenirs (1879)
“ Qu'on juge après cela quel doit être le déchirement de cœur et l'amertume du chagrin du mari de Madame Barbier, à qui Dieu a ravi cette ange. ! Épouse, elle s'était dévouée à son mari; elle était le second ange gardien de ses jours ; elle s'était attachée à ses pas, à sa vie, à son souffle. Ce n'était plus qu'une seule vie à deux. | Madame Barbier s'applaudissait de ne s'être pas mariée jeune, et disait : Que je plains ces pauvres jeunes filles, qu'on marie à seize ou dix-sept ans! A cet âge, on se forge un roman; on se crée un idéal de vertus imaginaires dans un mari. ”
A. B., Melle Rachel et l'avenir du Théâtre français… (1839)
“ Ce qui distingue mademoiselle Mars, dans le rôle d'Elmire, de toutes les actrices qui se sont montrées dans ce rôle, c'est cette dignité naturelle, cette noble simplicité, cette douce modestie, cette fierté de bon lieu, cette décence dans le moment même où elle plie son caractère à l'épreuve la plus séabreuse, ce ton imposant, que secondent si bien la netteté et la fermeté d'un organe unique au théâtre, jamais fade, même dans la tendresse, et toujours doux dans la sévérité. C'est de cet organe précieux qu'elle tire cette justesse, cette vérité, ce naturel qu'on remarque dans son débit. ”
