Georges Pellerin

Élements biographiques

Georges Pellerin Le roman d'un blasé (1879)

Pauvre Camélia ! que te sert-il d'être belle ?
Tu n'as pas son esprit infernal, tu n'as pas ses grands airs, et c'est là ce qui le charme.
Tu es condamnée a aimer sans espoir de réciprocité. Eh bien ! je l'aimerai quand même ; mon amour sera mon culte, je m'entretiendrai seule à seul avec lui. Je m'en ferai un monde à part. Je vivrai d'illusions. J'en mourrai peut-être. Tant mieux ! mourir pour lui, c'est le bonheur suprême.
Raoul, lui ajissi, songeait.
Quel était le but de la princesse ?
Source : Gallica

Georges Pellerin Le roman d'un blasé (1879)

Ah ! assez de préambules, assez d'épreuves! j'ai hâte de goûter à l'amour! A quoi bon faire souffrir, quand on peut rendre heureux? A quoi bon souffrir, soi-même, quand
on n'a qu'à tendre la main, pour saisir le bonheur ? — Tenez, princesse, savez-vous ce qui m'a sauvé? j'ai pleuré, moi, j'ai pleuré, et j'ai entrevu le bonheur à travers cette larme.
La princesse écoutait, les lèvres pincées par une moue de pitié dédaigneuse.
Quand il s'arrêta, tremblant d'émotion : — Décidément, mon cher, répliqua-t-elle, vous tenez pour le ridicule.
— Le ridicule ! Le ridicule est la religion des sots.
Source : Gallica

Georges Pellerin Le roman d'un blasé (1879)

On s'aimait et on s'unissait, sans que la sanction des hommes en fit une institution. L'amour est un sentiment noble et pur qui plane au-dessus du préjugé. Quand la femme y cède en dehors du mariage, elle ne fait que subir la loi impérieuse de la nature. La femme qui se donne est toujours digne d'estime; il n'y a que la femme qui se vend qui soit méprisable.
En parlant ainsi, il savait parfaitement que
Camélia n'en comprenait que la moitié, mais il savait aussi que ces paroles la frapperaient et qu'elle s'en souviendrait à l'heure du dénoûment.
Source : Gallica

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