Julie de Lespinasse

Élements biographiques

Portrait de Julie de Lespinasse Julie de Lespinasse Lettres inédites de mademoiselle de Lespinasse à Condorcet… (1887)

Elle veut mourir ; elle ne doit plus rien à qui a renoncé à tout ; elle le renvoie chez lui, où il y a tant de plaisir. Elle meurt, et le seul sentiment d'amertume qu'elle trouve contre Guibert est qu'il l'ait forcée de survivre à la perte irréparable qu'elle a faite. Oh ! si jamais elle revenait à la vie, bien sûr qu'elle l'emploierait encore à l'aimer; mais il n'y a plus de temps
Chastellux, Caraccioli, Marmontel et d'autres devinèrent sans doute ce drame. Sa passion pour le marquis de Mora eut au moins un confident : Condorcet ; seul, l'excellent coeur de d'Alembert ignora tout.
Source : Gallica

Portrait de Julie de Lespinasse Julie de Lespinasse Nouvelles lettres de Melle de Lespinasse… (1820)

Oui, dans tous les genres, j'aimerai ce qui parait oppose, mais qui n'est peut-être opposé que pour les gens qui veulent toujours juger, et qui ont le malheur de ne rien sentir. La nature, il est vrai, les a bien dédommagés : ils sont toujours si contens de leur raison, de leur modération, et de la conséquence qu'il y a dans tous leurs goûts !
Leur esprit est roide , ils le croient juste; leur ame est de plomb, ils la croient calme ; enfin ils ont la satisfaction de la suffisance, et moi j'ai le décousu, l'égarement de la folie et de la passion.
Source : Gallica

Portrait de Julie de Lespinasse Julie de Lespinasse Lettres inédites de mademoiselle de Lespinasse à Condorcet… (1887)

Oh ! il est affreux de n'avoir qu'un emploi à faire de la vie : regretter, aimer et souffrir ; je ne puis plus exister que par là. L'espérance, le désir, la dissipation, rien ne peut pénétrer jusqu'à mon âme. J'implore tour à tour la mort et l'amitié. Mais je suis cruelle de vous raconter ce que je souffre. Votre âme sensible y prendra trop de part et j'aurai à me reprocher de vous avoir affecté tristement.
MM. de Saint-Chamans et de Crillon vous ont écrit, et l'un et l'autre se trouvent heureux de vous rendre une partie du plaisir que vous leur avez procuré lorsqu'ils étaient absents.
Source : Gallica

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