Louise Gérald

Élements biographiques

Louise Gérald Le lac de la fiancée (1877)

Salomé pouvait mourir, et le Clos-fleuri était encore si loin !
Tout-à-coup, au milieu des ténèbres, une étoile sembla briller ; c'était un point lumineux qui, sur le flanc de la montagne, près du chemin qu'il suivait, scintillait dans l'obscurité. Ce fut pour le jeune homme haletant comme un rayon d'espoir et de joie. Cette lueur amie venait d'une maison où des coeurs amis aussi répondraient à son appel ; et ce fut avec un redoublement de courage que, gravissant d'un pas
raffermi la route qui conduisait au presbytère, Albert vint s'arrêter à la grille en prononçant le nom de Wilfrid.
Source : Gallica

Louise Gérald Le lac de la fiancée (1877)

Elle parlait d'une voix calme, et son regard profond était comme rivé aux eaux vertes qui venaient mourir sur la pelouse. Marthe lui prit la main.
Vous ferez mentir la légende, dit-elle avec enjouement. Salomé releva la tête; un éclair rapide passa sur son visage, puis s'éteignit.
Qui sait ! prononça-t-elle en répondant au sourire de Marthe.
Oh! j'en suis sûre et j'en ai des preuves : la descendante des seigneurs de Fonboise ne peut pas aimer sans être aimée !
Vous le croyez ! fit Salomé d'une voix étrange.
Oui. et ce que je sais aussi, c'est qu'on
peut l'aimer sans qu'elle aime.
Source : Gallica

Louise Gérald Le lac de la fiancée (1877)

C'était un respect attendri, une sympathie ardente, une admiration enthousiaste, mêlés, confondus en un seul sentiment tendre et compatissant à la fois ; car au milieu de cette sérénité qui enveloppait comme d'une auréole le front de Salomé, il avait deviné une souffrance cachée, une tristesse secrète. et lui aussi avait tant souffert!
Sur la terrasse du Clos-fleuri, Melle Verghen tendit la main à son guide et le remercia avec un sourire qui semblait lui coûter un douloureux effort de volonté. Puis, elle glissa comme une ombre sous la galerie de bois, et disparut par la porte vitrée.
Source : Gallica

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