Marguerite Vigier

Élements biographiques

Marguerite Vigier,  Les effeuillements (1920)

“ Mon amour, mon amour immortellement tendre Survivra à la tombe et son glaive levé Vengera de l'oubli ma misérable cendre,
Le rêve que jamais il n'a osé rêver.
Mon amour se dressant en son terrible deuil, Immobile et sacré dans la pâleur du jour, S'arrêtant, mon ami, en larmes sur ton seuil, Du cœur qui ne bat plus fera l'aveu d'amour.
Et c'est lorsque les ans l'auront mis en poussière, Ce cœur qui t'adorait, que tu ne connus pas... Que tu iras, un soir, lui dire au cimetière Ton amour repentant qu'il ne connaîtra pas.
”
Source : Gallica

Marguerite Vigier,  Les effeuillements (1920)

“ Souffrir
Souffrir et ne pouvoir jeter au vent sa plainte, Aller le front baissé, cachant sous sa misère Un cœur qui n'a vécu, une âme presque éteinte, Un rêve qui s'en va doucement en poussière.
Souffrir et ne savoir à qui confier sa peine, Tendre la main à tous sans leur tendre le cœur, Avoir beaucoup d'amour, ne sentir que la haine, Sourire à tout le monde en voilant sa douleur
Souffrir désespéré, mourir en condamné,
N'avoir jamais été en des bras entrouverts,
Une chose chérie... être un abandonné Poète dans son deuil pour vous pleurer des vers...
”
Source : Gallica

Marguerite Vigier,  Les effeuillements (1920)

“ Je préfère mes soirs faits d'oublis et de cendres, Ces soirs où l'on s'en va au delà de la terre.
Mais si l'on était deux en un deuil infini,
Deux pour pleurer le jour, deux pour aimer le soir, Notre chagrin sans nom serait presque béni Et nos pleurs couleraient sans enlever l'espoir.
L'Eternel
Mon cœur, mon pauvre cœur t'aimera dans sa bière. Apaisé par la mort, endormi par la nuit,
Isolé à jamais du monde par sa pierre,
Son éternel désir poursuivra qui l'a fui.
Il n'aura plus besoin d'une aumône d'amour. Pour vivre il n'aura plus besoin de ses prières.
”
Source : Gallica

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