“ M. de Talleyrand dit qu’il ne consentirait jamais à ce que le roi de Saxe fût dépouillé de tous ses états par la Prusse ; à ce que la Russie, possédant tout le grand duché de Varsovie, avançât ses frontières jusqu’à l’Oder et pesât de toute sa masse sur l’Europe. Il fit sentir à l’Autriche le danger du voisinage de la Prusse, à l’Angleterre celui de l’agrandissement de la Russie. L’empereur Alexandre essaya vainement de le ramener à ses vues en rappelant ce qu’il venait de faire en France et en menaçant de ce qu’il pouvait faire en Europe. ”
Mignet
Élements biographiques
François-Auguste Mignet (1796-1884), historien et journaliste français, est principalement connu pour son Histoire de la Révolution française (1824), ouvrage fondateur qui distingue deux phases de la révolution : une évolution sociale inéluctable et une résistance face à la contre-révolution.
Son analyse, marquée par une perspective libérale, oppose nettement les classes moyennes au pouvoir aristocratique, exerçant une influence sur les révolutions du XIXe siècle. Auteur également de Histoire de Marie Stuart et de recherches sur l’histoire moderne, Mignet, membre de l’Académie française, a également laissé une empreinte dans le journalisme par ses contributions à la Revue des Deux Mondes, alliant rigueur historique et engagement politique.
Citations de Mignet
Mignet,
La vie et les travaux de Destutt de Tracy
“ M. de Tracy est du petit nombre de ces hommes rares qui ont donné le beau spectacle d’une parfaite harmonie entre l’intelligence et le caractère, entre la raison et la conduite. Il n’a pas agi autrement qu’il n’a pensé, et sa vie a été le pur reflet d’une longue idée. Pendant quatre-vingt-deux ans, il a eu le même amour pour la liberté, la même foi dans la vérité, et il a marché avec courage dans les voies droites où il était d’abord entré, sans autre ambition que celle de voir la raison triomphante et l’humanité heureuse. ”
“ Après que le héraut Bourgogne eut fait les révérences d’usage, François Ier, sans lui donner le temps de parler, lui dit : — « Roi d’armes, m’apportes-tu l’assurance du camp, comme je l’ai écrit dans mon cartel à l’empereur ton maître, réponds-moi ? — Oui, sire, répondit le roi d’armes ; plaise à votre majesté que je fasse mon office et que je dise ce qui m’a été commandé par l’empereur mon maître. — Non, ajouta le roi, si tu ne me donnes pas, signée de ta main, la patente contenant l’assurance du camp, et rien autre, comme tu sais bien que l’indique ton sauf-conduit. » ”
