“ M. de Talleyrand dit qu’il ne consentirait jamais à ce que le roi de Saxe fût dépouillé de tous ses états par la Prusse ; à ce que la Russie, possédant tout le grand duché de Varsovie, avançât ses frontières jusqu’à l’Oder et pesât de toute sa masse sur l’Europe. Il fit sentir à l’Autriche le danger du voisinage de la Prusse, à l’Angleterre celui de l’agrandissement de la Russie. L’empereur Alexandre essaya vainement de le ramener à ses vues en rappelant ce qu’il venait de faire en France et en menaçant de ce qu’il pouvait faire en Europe. ”
Résumé
La Revue des Deux Mondes, rédigée par Mignet, est une œuvre historique qui examine les enjeux politiques et militaires de l’Europe au XVe et XVIe siècle, en soulignant notamment les rivalités entre François Ier, Charles-Quint et les autres puissances de l’époque. À travers des analyses approfondies des conflits, des alliances et des ambitions des rois, l’auteur révèle les tensions entre la France, l’Espagne, l’Italie et l’Empire germanique.
Les textes traitent de thèmes tels que la défaite de l’empereur, les stratégies militaires des lansquenets et les questions de souveraineté, illustrés par des extraits qui mettent en évidence la complexité des relations internationales. Cette œuvre, ancrée dans la tradition des récits historiques, propose une synthèse des dynamiques de pouvoir qui ont façonné l’Europe.
Citations de Revue des Deux Mondes (Mignet)
“ Après que le héraut Bourgogne eut fait les révérences d’usage, François Ier, sans lui donner le temps de parler, lui dit : — « Roi d’armes, m’apportes-tu l’assurance du camp, comme je l’ai écrit dans mon cartel à l’empereur ton maître, réponds-moi ? — Oui, sire, répondit le roi d’armes ; plaise à votre majesté que je fasse mon office et que je dise ce qui m’a été commandé par l’empereur mon maître. — Non, ajouta le roi, si tu ne me donnes pas, signée de ta main, la patente contenant l’assurance du camp, et rien autre, comme tu sais bien que l’indique ton sauf-conduit. » ”
“ S’enfermer dans la France de 1792, lui qui l’avait trouvée portée jusqu’aux Alpes et jusqu’au Rhin par la république, et qui avait prêté serment de maintenir l’intégrité de son territoire, c’était au-dessus de sa volonté et même de sa position. Le soldat devenu empereur n’était plus rien s’il n’était grand. Humilié par la défaite et perdant son prestige par un pareil traité, il restait incapable de commander. Il n’avait pas, comme les vieilles familles qui gouvernaient les états de l’Europe, l’appui du temps. ”
“ L’état, disait-il, où se trouvent aujourd’hui les impériaux est des pires. Ils n’ont point de capitaines qui les dirigent et qui aient sur eux de l’autorité. Ils sont dans la confusion, désobéissans, et chaque jour ils vont en se mutinant davantage. Si votre excellence pousse vite en avant, elle remportera bientôt sur eux la plus heureuse victoire et les chassera d’Italie, dont elle assurera le salut et la liberté. Que votre excellence ne perde pas de temps à assiéger des villes: qu’elle marche droit par la Romagne vers le royaume de Naples. ”
“ Ce plan, exécutable à une époque où rien n’était impossible, aurait sans doute préparé un autre avenir à l’Europe, en donnant à l’Autriche un vaste territoire, du côté même où il importait le plus de la jeter et de l’agrandir ; en la rendant homogène, ce qu’elle n’était pas ; en l’intéressant à la civilisation du monde, au lieu de la laisser immobile dans un passé qu’elle s’usait à défendre. Ce plan aurait fondé une paix durable par des combinaisons nouvelles et sur des intérêts satisfaits. Mais il ne fut point agréé par l’empereur. ”
“ Le duc de Brunswick consentit d’autant plus aisément à mettre le siège devant cette place, qu’il n’avait pas trouvé en Lombardie d’argent pour la solde de ses lansquenets, et que le prince d’Orange auquel il en avait demandé, n’en ayant pas pour les siens, ne pouvait pas lui en envoyer. Sans argent, il n’était pas en mesure de conduire ses Allemands à Naples ni de les faire subsister dans toute la longueur de la péninsule, en proie à la disette et à la peste, comme l’avait fait naguère et avec tant de peine le duc de Bourbon en ne menant son armée que jusqu’à Rome. ”
“ L’affermissement de sa position en Italie l’exigeait tout comme la sécurité de son royaume. Héritier unique des quatre puissantes maisons de Bourgogne, d’Autriche, de Castille, d’Aragon, le roi catholique était devenu le possesseur universel de leurs états et le représentant redoutable de leurs vieilles animosités contre la France. Il importait avant tout à François Ier que ce prince ne joignît point à l’Autriche, aux Pays-Bas, à l’Espagne, à la Sicile, à Naples, la couronne impériale. ”
“ C’est par ses nerfs qu’il sent, c’est dans ses viscères que se forment ses instincts et ses passions, c’est dans son cerveau que s’élabore sa pensée, c’est dans son organisme que réside sa personnalité. Mais ces appareils matériels ne sont pas seulement le siége de ces phénomènes, ils en sont la cause. Ainsi la sensibilité est un produit nerveux, la passion est un acte viscéral, l’intelligence est une sécrétion cérébrale, et le moi est une propriété générale de la matière vivante. Voici comment M. Broussais fut conduit à son système. ”
“ Malgré les éclatans triomphes de la révolution, le directoire était trop faible pour que M. de Talleyrand crût à sa durée. Il le servait sans illusion, et son regard, plus perçant que celui de tout le monde, avait déjà vu poindre sur l’horizon de l’Italie son infaillible successeur. Il savait que l’imagination humaine a besoin d’enthousiasme, et que l’imagination française surtout ne saurait s’en passer long-temps. À un peuple qui ne veut pas rester dans l’indifférence, il faut la foi en quelque chose ou en quelqu’un. ”
“ S’il ne faut pas tuer le corps, il faut encore moins tuer l’intelligence, car il vaut mieux être mort que fou. Aussi de pareils châtimens excèdent les droits de la société, et semblent une inconséquence dans le système de M. Livingston, qui, voulant réformer le criminel, ne devait pas plus admettre de peines irrémissibles que de peines irréparables. Si l’intelligence humaine se trouve menacée par ce supplice, M. Livingston, dans d’autres circonstances, n’a-t-il pas manqué ou de prudence, ou de modération, ou même de véritable esprit de justice ? ”
“ M. de Talleyrand croyait avoir formé une alliance dans l’alliance, il croyait avoir séparé pour long-temps l’Autriche et l’Angleterre de la Prusse et de la Russie ; il croyait avoir divisé l’Europe, relevé la politique de la France, lorsqu’un évènement inattendu, mais provoqué par les fautes des Bourbons, vint déjouer son habileté, de telle sorte que la Prusse resta sur la Sarre et que la coalition européenne fut renouée. Napoléon quitta l’île étroite où avait été enfermée sa souveraineté, et vint montrer à l’armée son général, à la France son empereur. ”
“ C’est là aussi que l’homme se montre tout entier, convaincu, impérieux, passionné, avec son impétueux courage, sa verve entraînante, se plaisant à combattre les systèmes contemporains pour le moins autant qu’à établir le sien, et transportant la lutte jusque dans l’histoire, afin d’y renverser toutes les vieilles autorités et de dominer seul. En un mot, c’est là que M. Broussais occupe une place, dans la glorieuse compagnie des maîtres de la science, qui lui doit d’incontestables progrès. François-Joseph-Victor Broussais naquit à Saint-Malo, le 17 décembre 1772. ”
“ Mais en même temps il ne voulut l’y appeler que pour apprendre de lui s’il était le véritable auteur des propositions condamnées par la bulle, et s’il persistait à les soutenir. Il espéra que la crainte de l’autorité impériale arracherait à Luther une rétractation qu’il n’avait pas voulu accorder aux menaces lointaines de la cour de Rome. S’il refusait, Charles-Quint était décidé à agir. Il cita donc Luther à Worms, non pour y voir examiner sa doctrine, mais pour l’y désavouer, ou pour y entendre sa condamnation. ”
“ Elle laissait pour longtemps l’Allemagne sans chef, livrée à la rapide invasion des idées nouvelles dont François Ier était appelé à être l’auxiliaire actif, tandis que Charles-Quint, occupé, durant plus de vingt années, de guerres d’où il attendait la possession absolue de l’Italie, devait être le défenseur impuissant des anciennes croyances. Enfin elle poussait le roi très chrétien non-seulement à favoriser l’hérésie en Allemagne pour annuler l’empire en le divisant, mais à s’allier avec les Turcs, qu’il avait promis de combattre, afin de tenir avec leur aide son ennemi capital en échec. ”
“ Mais si le caractère d’Edward Livingston s’était développé à cette forte école, si même sa raison s’y était mûrie de bonne heure, son instruction avait été un peu négligée. Le temps des guerres civiles n’est pas favorable aux études, et un peuple qui cherche à fonder son existence s’occupe peu d’orner son esprit. Les traditions littéraires n’avaient cependant pas disparu. L’Amérique, détachée de l’Europe par les institutions, lui était restée unie par les idées, et sous ce rapport elle semblait encore une colonie du vieux monde. ”
“ A travers tant de siècles qui nous séparent des événemens, nous avons quelque peine à nous figurer le rôle que s’est donné le généreux empereur. Accoutumés que nous sommes à rendre hommage à la supériorité morale de la foi chrétienne, à contempler de loin le christianisme dans sa majestueuse et écrasante unité, nous croyons volontiers que, pour lui résister et pour le combattre, il fallait avoir un esprit bizarre, infatué de lui-même, une obstination fantasque aussi puérile qu’impuissante. A plus d’un l’entreprise paraît tout simplement méchante et ridicule. ”
“ Détachée depuis quarante ans de la France, peu affectionnée à l’Espagne, qui n’avait rien fait pour elle, la Louisiane se sentait attirée par la pensée, comme la matière muette l’est par l’attraction des masses, vers ce peuple nouveau, qui, à peine sorti d’une révolution, couvrait l’Océan de ses vaisseaux, remplissait les forêts de l’ouest de ses pionniers, peuplait les solitudes du Kentucky d’une race aventureuse, marchant lentement sans jamais s’arrêter, et arrivé sur le bord oriental du grand fleuve qui seul pouvait ouvrir la mer à ses produits et à ses efforts. ”
“ Il y avait alors dans le corps germanique un homme très puissant quoiqu’il ne fût ni électeur, ni prince, ni comte, et François Ier ne manqua point de se l’attacher : c’était le fameux Franz de Sickingen. Il appartenait à la plus ancienne noblesse possessionnée des environs du Rhin; ses ancêtres avaient combattu en Italie pour les empereurs souabes, et son père avait été proscrit par l’empereur Maximilien pour avoir soutenu les armes à la main les prétentions de la maison palatine à l’héritage de la Bavière-Landshut. Sickingen avait acquis une importance extraordinaire en Allemagne [19] . ”
“ Les archevêques de Mayence, de Trêves, de Cologne, comme archichanceliers de l’empire pour les royaumes de Germanie, d’Arles et d’Italie; le roi de Bohême, le duc de Saxe, le comte palatin de Bavière, le margrave de Brandebourg, comme archi-échanson, archi-maréchal, archi-sénéchal et archi-chambellan de l’empire, nommaient seuls, au nom de tous les souverains germaniques, dont ils étaient les premiers et les plus considérables, le roi des Romains, futur empereur. ”
“ « Ce n’est, dit-il, qu’en effaçant les limites des provinces qu’on parviendra à détruire tous les priviléges locaux. Ainsi, il sera essentiel de faire une nouvelle division territoriale par espaces égaux partout. Il n’y a pas de moyen plus puissant et plus prompt de faire sans trouble de toutes les parties de la France un seul corps et de tous les peuples qui la divisent une seule nation [9] . » C’était là une idée de génie. La France lui doit sa forme, son égalité, la grandeur de ses ressources et la facilité de son action. Qui appelait-il à accomplir cette révolution ? Le tiers-état. ”
“ Mais ceux qui éprouvaient les plus vives craintes étaient les républicains de Florence. Redevenus libres par un soulèvement, entrés dans la ligue avec ardeur, ayant levé beaucoup de troupes et fait de grands sacrifices d’argent pour la défense commune, il se sentaient perdus, si leur puissant allié cessait de les soutenir. Ils comprenaient que leur république ne pourrait pas résister longtemps aux forces réunies de l’empereur et du pape réconciliés, et qu’ils seraient remis sous le joug des Médicis. ”
“ « Sire, votre majesté m’a tant de fois affirmé et répété les mêmes choses que, si je ne les vois pas s’accomplir, je ne croirai jamais plus à parole de roi, et je douterai même si j’ai à croire en Dieu. — Vous auriez mille fois raison; mais je l’ai promis, et je le tiendrai [36] . » Tout en donnant ces assurances avec un peu d’exagération, François Ier les donnait de bonne foi. Instruit par le grand-maître Anne de Montmorency des difficultés soulevées à Cambrai, il venait de lui écrire de Couci qu’il fallait mettre un terme à toutes ces longueurs et en quelque sorte rompre. ”
“ De ce nombre furent Leyde, Dordrecht, Delft et Hoorn. Elles dirent qu’il n’y avait aucun espoir d’arracher à l’ennemi ce qu’il avait conquis, et de conserver contre lui ce qui restait à la république ; qu’on ne pouvait se maintenir dans aucune des cinq positions occupées par les faibles troupes des Provinces-Unies ; qu’il suffisait à l’armée française d’en forcer une seule pour que toute la Hollande méridionale fût perdue ; qu’il fallait donc négocier, et, à la rigueur, traiter uniquement pour la Hollande, si l’on ne voulait pas bientôt demeurer sans patrie. ”
“ Un reste d’affection pour l’ancienne métropole, avec laquelle l’Amérique était en communauté de sang, de mœurs, de langue, et une sorte d’éloignement pour la politique violente de la révolution française, disposaient le parti fédéraliste à se rapprocher de l’Angleterre, par la ressemblance des lois comme par les liens des traités. La jalousie de l’indépendance et les calculs d’une politique habile et reconnaissante poussaient le parti démocratique à préférer l’allié qui avait secondé l’émancipation à l’ennemi qui l’avait combattue, et le maintenaient fidèlement uni à la France. ”
“ Enfin, le pape, voyant que, par son livre de la Liberté chrétienne, Luther s’enfonçait de plus en plus dans son hérésie, et se séparait de l’Église, fulmina contre lui, le 15 juin 1520, une bulle dans laquelle il condamna quarante et une propositions extraites de ses ouvrages. Il exigeait qu’il les rétractât dans l’espace de soixante jours, et s’il n’envoyait pas cette rétractation à Rome, il le déclarait excommunié et le livrait au bras séculier. Il ordonnait que ses livres fussent brûlés publiquement, et il plaçait sous l’interdit tous les pays qui lui donneraient asile. ”
“ « Le docteur Martinus (c’est ainsi qu’on appelait Luther dans toute l’Allemagne) , écrivait Spalatin, eut plus de visiteurs que tous les princes durant son séjour à Worms. J’ai vu chez lui, outre un très grand nombre de comtes et de seigneurs, le landgrave Philippe de Hesse, le duc Guillaume de Brunswick, le comte Guillaume de Henneberg, et mon gracieux souverain l’électeur Frédéric, qui était en admiration de la réponse chrétienne du docteur Martinus, devant sa majesté impériale et les états de l’empire, mais qui l’aurait voulu moins courageuse. » ”
“ Luther resta inébranlable, et dit à l’électeur de Trèves en le quittant : — « Il en sera de ceci comme de la prédiction de Gamaliel aux Scribes et aux Pharisiens. Si ma cause n’est pas de Dieu, elle ne durera point au-delà de deux ou trois ans ; mais si elle est de Dieu, vous ne serez pas en état de l’étouffer. » Luther, après plusieurs conférences, n’ayant pas plus cédé à la persuasion qu’à l’autorité, l’empereur lui fit donner, par l’official de Trèves et par un secrétaire impérial, l’ordre de quitter Worms. Il lui accorda vingt et un jours pour se mettre en sûreté. ”
“ L’EMPEREUR JULIEN L’Eglise et l’Empire romain au quatrième siècle, par M. Albert de Broglie, 3e édition, Paris, Didier, 1866. Le IVe siècle peut être regardé comme le véritable point de partage entre l’antiquité et les temps nouveaux. C’est le moment où le christianisme, monté sur le trône impérial, armé de la puissance politique, devenu religion d’état, a consommé sa lente victoire, et en dépit de sourdes ou violentes résistances a fixé les destinées du monde. ”
“ Les âmes faibles regrettent, les volontés vigoureuses réparent. M. Livingston se remit au travail le jour même, et, en moins de deux ans, son code entièrement refait parut tel que nous le possédons [2] . Ici je ne sais s’il ne faut pas plus admirer encore en M. Livingston la force de caractère qui lui fit recommencer son œuvre, que la force d’esprit qui la lui fit entreprendre. La publication de ce vaste système de lois consacra la renommée de M. Livingston dans sa patrie, et la répandit dans le monde entier. Le Brésil prit le code de M. Livingston pour base de sa législation. ”
“ Je souhaite seulement et je prie Dieu que l’empereur Charles ne tache point de mon sang le commencement de son règne. J’aurais mieux aimé, comme je l’ai dit souvent, périr par les mains seules des Romains, et ne pas le voir mêlé dans cette affaire. Vous savez quelles misères ont accablé l’empereur Sigismond après avoir fait mourir Jean Huss. Il n’a plus eu de bonheur ; il est mort sans héritiers ; son petit-fils Ladislas a péri ; son nom s’est éteint en une seule génération ”
“ « Mais, dit le docteur Lee, puisque votre majesté a déclaré qu’elle ne voulait pas insister absolument sur la Bourgogne, que demande-t-elle à la place ? — Ce n’est pas deux millions de couronnes, répondit l’empereur, ni aucune somme d’argent. Je désire par-dessus tout avoir la certitude d’une paix durable et pouvoir m’avancer avec toutes mes forces et sans crainte contre les Turcs. Le roi de France m’a trompé; je ne peux plus avoir confiance dans ses promesses. » Charles-Quint se plaignit de Clément VII aussi vivement que de François Ier. ”
“ Entouré de ruines, voyant les vieilles passions s’agiter encore avec fougue malgré leurs fatigues, ne trouvant plus ni loi respectée, ni puissance forte, ni ressort moral, apprenant même que la gloire et la sûreté de la révolution étaient compromises en Italie et menacées en Hollande et en Suisse, Sieyes, vers lequel se tournaient toutes les espérances, crut le moment venu d’opérer un changement définitif qui pût asseoir la société française dans l’ordre et la liberté. ”
“ Tout s’enchaînait dans ce système : la physiologie se fondait sur l’irritabilité des organes et son action régulière, la pathologie sur la stimulation désordonnée de cette irritabilité, enfin la thérapeutique sur sa diminution ou son accroissement pour en rétablir l’équilibre. M. Broussais construisait toute la science de l’organisation vivante et malade avec un seul phénomène, l’irritabilité, comme Condillac avait fondé sur une faculté unique, la sensation, toute la science de l’entendement humain. ”
“ En effet, le livre de M. Livingston, pourvoyant en général à la défense de la société avec le sentiment de la justice, procédant à la poursuite du crime avec le respect du droit, recherchant la preuve des faits avec le goût de la vérité et le besoin de la certitude, et punissant les coupables avec le désir de leur réforme, se recommande à l’attention des philosophes comme un beau système d’idées, et à l’usage des peuples comme un vaste code de règles. ”
