René Lorin

Élements biographiques

Portrait de René Lorin René Lorin L’Air et la Vitesse

C’est la vitesse qui donne l’échelle.
La roue est, par excellence, l’organe de sustentation du véhicule terrien. L’aile est-elle l’organe de sustentation du véhicule aérien ?
Malgré les apparences, entre la surface portante de l’aéroplane et l’aile de l’oiseau, il y a un abîme : c’est la distinction entre les procédés de construction de l’homme et ceux de la nature. La nature est un constructeur merveilleux, mais qui procède par des moyens d’une subtilité, d’une délicatesse, qui nous échappent et dont il est vain de tenter l’imitation.
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Portrait de René Lorin René Lorin L’Air et la Vitesse

À la cadence du pas accéléré, la vitesse tangentielle du pied serait telle que la résistance de l’air dépasserait celle que nous éprouvons pour marcher dans l’eau.
Ce qu’il importe de retenir, c’est que le géant est fragile, statiquement fragile, dynamiquement fragile. Mais il y a plus : il est impotent ; l’inertie de ses masses s’oppose aux mouvements rapides et légers. Fragilité et impotence, telles sont les caractéristiques de la construction au delà de l’échelle.
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Portrait de René Lorin René Lorin L’Air et la Vitesse

Mais n’oublions pas que c’est la vitesse qui fait l’appui-air. Sans vitesse, il est inexistant ; aux faibles vitesses, il est instable, dangereux. Au fur et à mesure que la vitesse augmente, et suivant une loi rapidement progressive, puisqu’elle dépend approximativement de la deuxième puissance de la vitesse, son efficacité croît ; ce point d’appui incertain semble se cristalliser, se solidifier avec la vitesse et bien certainement, aux alentours de 80 à 100 mètres à la seconde, il devient fixe, immuable, sûr, comme l’assiette d’une voie ferrée.
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