Théodore Weustenraad,
Poésies lyriques
“ Pourquoi faut-il que moi, Paria de nos villes, Je marche, parmi tous, seul vêtu de haillons, Lui, d’opulents tissus, teints par des doigts habiles, Mais trop souvent salis par l’or des histrions ; Que moi, son frère enfin, je dorme sur la pierre, À l’angle d’une étable ouverte à tous les vents, Lui, sur un doux chevet, à l’ombre hospitalière D’un palais respecté du temps ; Moi, plus puissant que lui, plus puissant que sa race, Par le bras, par la tête, et surtout par le cœur ; Moi, qui pourrais un jour, si j’étais à sa place Relever sur ce sol le phare du Sauveur ”

