Victor Debay

Élements biographiques

Victor Debay,  Poèmes intimes (1893)

“ Puis, dès le soir passé, le souci de bien vivre, (Loi de nécessité pour les hommes, enfin !) Verse l'oubli profond dont notre coeur s'enivre, Et donne un plaisir neuf pour tuer le chagrin.
Oh c'est fatal cela, personne ne l'ignore, Mais pour celui qui meurt c'est un cruel tourment, Car de lui-même il sait que le trépas dévore Jusqu'à notre mémoire au fond d'un coeur aimant.
Oui, c'est bien là l'effroi de la mort qui me guette, Tristesse de départ en regardant le port, Car je n'ai point le doute en mon âme inquiète Du problème incertain qui fait blêmir le fort
Toussaint.
”
Source : Gallica

Victor Debay,  Poèmes intimes (1893)

“ Laisse passer la vie et ne la connaît pas, Qui, plein d'un seul amour poignant et tyrannique, Conduirait sans bonheur mes jours jusqu'au trépas.
Et je veux être heureux, puisque la vie est brève, Et savourer l'ivresse ardente à m'en pâmer, A force de réel, je veux tuer mon rêve, Et n'ayant plus d'amour, je pourrai tout aimer.
Allons, vite un cercueil, et des chants funéraires, Et l'oubli pour mon coeur, l'oubli de ses tourments. ...
”
Source : Gallica

Victor Debay,  Poèmes intimes (1893)

“ Les violons plaintifs, que voilent les sourdines. Phrasent un chant discret ainsi que mon amour. Lorsque vous écoutez leurs notes cristallines, Plus tendres qu'un baiser, plus claires que le jour, N'entendez vous jamais une voix plus légère, Qui, flottant sur les sons, ne nait pas de l'archet, Venant on ne sait d'où, suave messagère Dont le coeur perçoit seul le murmure secret ? Vous avez du l'ouïr, car dans vos yeux limpides Que ce rêve chantant tient à demi fermés, J'ai cru lire un aveu cherchant mes yeux avides ”
Source : Gallica

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