Résumé

1870. Paris-Berlin (2e édition… (1870)

Comme les coureurs antiques, les races se passent l'une à l'autre le flambeau des civilisations et rentrent successivement dans l'ombre.
Paris est le coureur sacré par le destin.
Il est dans la destinée de la France de marquer les routes aux nations, et peut-être un jour, quand les nations y seront entrées, de s'effacer.
Après Paris, Berlin sera l'étape où se relaiera finalement Moscou. Alors l'Europe, entourée partout de débris, fera dans l'histoire le bruit d'écroulement qu'on entend çà et là.
L'heure de la Prusse n'a pas encore sonné : mais l'aiguille avance au cadran de ses destins.
Source : Gallica

1870. Paris-Berlin (2e édition… (1870)

Rien de tragique comme cette éventualité de rire. La bouche a le retroussis tumultueux de la nuée d'où sort l'orage.
Qui-dit rire dit masque. Qui dit masque dit bouclier. L'âme des patries se réfugie derrière l'impénétrable et muet rictus. L'ombre qui sort de là, sereine et furieuse, avec des approfondissements sépulcraux, fait sur la pensée publique des condensations où les rois ne voient point. A couvert sous le grimacement d'airain, le coeur s'ouvre aux désolations, et les larmes, comme la fonte dans le moule, roulent, invisibles et ignorées, dans les plis du rire immense.
Source : Gallica

1870. Paris-Berlin (2e édition… (1870)

Paris a ri de tout temps. On dirait à entendre le vaste retentissement que ce rire fait sous les cieux, la forêt du rire. La forêt de Dieu a son rire aussi, qui est le vent dans les arbres et les nids : c'est un murmure quand soufflent les brises, bouches joyeuses; c'est un ouragan quand soufflent les tempêtes, bouches sinistres. La forêt des hommes a dans les vibrations de sou rire des brises gaies et des tempêtes bourrues.
Ce rire de Paris est, du reste, sagesse. Rire a toujours été l'une des forces de la philosophie.
Source : Gallica

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