Albert Bessières

Résumé

Albert Bessières Les béatitudes et la civilisation (1943)

L'Eglise condamne le bellicisme, mais aussi le pacifisme; l'Eglise prêche les Croisades. Une paix qui piétine la justice, la conscience, toutes les valeurs humaines, est, pour l'Eglise, une paix pire que la guerre et l'Eglise canonise les martyrs qui ne voulurent pas d'une telle paix.
Le courage n'est pas, en effet, à hurler avec les loups, à s'allier à la victoire, à attendre d'être le plus fort pour libérer sa conscience. Le courage n'est pas à peser sa force mais son devoir, à se jeter tête baissée dans la mêlée, pour se replier au premier échec, mais à recommencer toujours.
Source : Gallica

Albert Bessières Les béatitudes et la civilisation (1943)

Plaignez ces hommes engraissés des biens de la terre dont l'esprit et le cœur se sont atrophiés. A tous, comme à Julien l'Apostat, le charpentier « prépare un cercueil ». — Ils vous paraissent heureux, grave illusion. Le bonheur n'est pas une si petite chose qu'on puisse l'acheter à prix d'argent! Il n'est donné que par Dieu, donné à ceux qui en sont dignes. Le rire du pécheur est plus amer que les larmes du juste. Le repos de l'âme est promis à ceux-là seuls qui portent la croix. Les larmes du Juste sont les messagères des tendresses divines et même des bénédictions terrestres.
Source : Gallica

Albert Bessières Les béatitudes et la civilisation (1943)

L'ambition, disait saint Bernard, est la croix de l'ambitieux; la volupté, la croix du jouisseur; l'or, la croix de l'avare. Et pour vous, mesdames, la fièvre de la toilette, la fièvre de la mode, la fièvre de la nouveauté, de l'inédit, de tout ce qui attire les regards; la fièvre de la curiosité, du bavardage et de la médisance, sont vos croix... On habite une atmosphère où l'âme étouffe, où le cœur est oppressé. On mange et on a faim. La table est confortable, la cave riche, et la soif nous dévore, et la faim nous tenaille.
Source : Gallica

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