Résumé

Albert Maybon La vie secrète de la Cour de Chine (1910)

L'être humain qu'on y magnifie n'est que le triste esclave de sa fonction sublime ; épié, gardé à vue par la conscience de tous les Sages et des ancêtres qui personnalisent le passé vénéré, il y expie la gloire de représenter l'ordre supra-terrestre et d'incarner l'État, il y souffre la domination écrasante d'une puissance supérieure à sa puissance, d'une puissance énervante, subtil extrait de séculaires casuistiques.
Au Palais impérial de Pékin, jamais on n'a pensé que l'exercice de la délégation céleste pouvait s'accommoder de la vulgaire liberté des hommes.
Source : Gallica

Albert Maybon La vie secrète de la Cour de Chine (1910)

La Majesté impériale n'est point atteinte par de tels accidents; une insurrection heureuse, un coup d'État, une usurpation, un détrô-nement, et d'autres mains reçoivent la délégation céleste. Le succès justifie, couronne l'acte. Les Fils du Ciel succèdent aux Fils du Ciel, et leur puissance souveraine s'éternise comme la vie du monde planétaire dont elle est le reflet.
Tout dans le Palais exprime cette immanence ; il doit apparaître lui-même pareil à une création cosmique ; et l'harmonie de l'univers devrait se reconnaître dans la distribution de ses parties.
Source : Gallica

Albert Maybon La vie secrète de la Cour de Chine (1910)

A son tour, bientôt la Cité Rouge recevrait le choc fatal; mais, pour elle, elle avait l'éternité ! Demeure de l'autocratie céleste, les tempêtes révolutionnaires n'arrachent pas une pierre à ses murs impérissables ; seules les dynasties qu'elles abritent ont leur temps marqué. Elles le savent sans doute ; et elles savent aussi qu'elles ne sont qu'une apparence, que le dehors changeant du souverain principe gouvernemental et social de la Chine immortelle.
Source : Gallica

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