Résumé

Alphonse Guyot Entretien familier sur l'étude du langage… (1873)

Nous avons un corps dont la matière constitue l'organisme; notre vue est un sens en rapport avec les corps; l'ouïe et l'odorat, quoique divisés, ne présentent ensemble qu'un sens en rapport avec les substances; et notre pensée, dont ces deux sens sont une émanation directe, est notre verbe, c'est-à-dire notre vie et notre lumière. Et ce qui complète la ressemblance, c'est que notre pensée est, comme la pensée divine, une abstraction, c'est-à-dire une cause qui ne peut se faire connaître, se révéler que par ses effets : Dieu par ses œuvres, l'homme par ses actions.
Source : Gallica

Alphonse Guyot Entretien familier sur l'étude du langage… (1873)

L'action de votre vue allant au-devant des objets ou à leur recherche a donc précédé leur perception. — La vue est un verbe, et le verbe qui est l'action, la vie et la lumière doit être le premier mot du langage : « Au sommet était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et Dieu était le Verbe (in illo) , en cette trinité était la vie et la vie était la lumière. »
Voilà, ce me semble, une justification absolue de la priorité qui doit être accordée au verbe, ou plutôt qui lui est due; c'est en même temps une définition sublime.
Source : Gallica

Alphonse Guyot Entretien familier sur l'étude du langage… (1873)

Ainsi, balayer, action mère de la substance balayage, sans accompagnement du dernier terme d'aucune des qualités de la pensée, n'en procède pas moins de la qualité qui a nom propreté ; le bon sens le dit, et le mot proprement s'accole, pour ainsi dire, de lui-même au mot balayer qui fait de la substance balayage une action propre.
Donc, ne pas séparer les noms-verbes de leur formule avoir ou être ; ne pas séparer les différents termes des qualités; ne pas séparer la manifestation de sa substance, est une obligation étroite du Dictionnaire sans laquelle toutes ses explications sont illusoires.
Source : Gallica

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