André Couvreur

André Couvreur

Résumé

Portrait de André Couvreur André Couvreur Les Œuvres libres

Mais non, c’est consolant, je ne ressens pas ces sacrilèges : ni la menteuse affliction de Lucienne, ni la dignité entre deux vins de Jojo, ni la présence certaine du beau Guy, caché dans la foule, à l’affût, guettant sa proie, ma femme et son héritage. Je n’ai même plus l’amertume de rater, dans quelques heures, le fauteuil Titon. Petitesse des petitesses, vanité des vanités, tout est misérable devant les ondes sublimes que je ne percevrai plus. Elles réveillent à la fois les autres harmonies de mon cœur, le rire de Ninette et le sanglot de sa Vestale.
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Serais-je une nourriture, un éparpillement, un atome ; serais-je un sentiment, une sensation, un son, une idée, une image, une ligne, un point ?... ou serais-je le néant ?
Tornada l’avait dit à Lucienne ; personne n’y est allé voir, personne n’en est revenu...
Personne, sauf moi, peut-être, si je ne suis pas mort...
Il faut être étendu, raide sur un lit, en costume de cérémonie, un crucifix entre les mains, pour soupçonner l’abondance et la variété formidables de pensées qui tourbillonnent dans un cerveau de trépassé.
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Anna avait l’ordre de dire que j’étais sorti. L’ordre ne pouvait plus tenir avec ma mort et Anna pouvait-elle s’imaginer qu’il grapillerait encore sur mon cadavre !...
— Je n’ai pas déjeuné. N’auriez-vous pas quelque chose à me faire prendre, en souvenir de ce que j’ai fait pour lui ?...
Rien n’est sacré pour un tapeur... dirait Tornada.
Après lui, une mince silhouette falote, gentille, coquette avec quatre sous. Je cherche d’abord... Mais son front large, sérieux, sous la puissante chevelure blonde, me remémore une scène que me fit un jour Lucienne, aux temps où je croyais à son amour.
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