“ Ce n’est plus une union, ce n’est plus des affections humaines la plus intime, c’est l’exploitation, la tyrannie, et l’avilissement sous une autre forme ; c’est la guerre encore, la lutte et la haine entre les deux moitiés de l’humanité ! Si les bêtes parlaient, où nous disons passion bestiale, férocité animale, elles diraient : humaine. L’animal suit sans dévier (hors de l’influence de l’homme) sa loi instinctive. Inférieur à l’homme en intelligence, il lui est supérieur on ne peut dire en moralité, puisqu’il ne discute pas sa loi, mais en rectitude. ”
André Léo
Résumé
L’Ère barbare d’André Léo, publié en 1871, dénonce avec acuité les contradictions de la société moderne, où l’humanité se débat entre avancées matérielles et décadence morale. L’auteur, à travers des thèmes tels que l’égoïsme, l’habitude et l’exploitation, critique l’indifférence face à l’oppression et la déshumanisation.
En mettant en lumière l’infériorité morale des humains par rapport à l’animal, il interroge la nature des lois, des institutions et des rapports sociaux, tout en soulignant l’enfance prolongée de l’espèce humaine. L’œuvre, à la fois prophétique et philosophique, reste un miroir sans tache des luttes de son époque.
Citations de L’Ère barbare (André Léo)
“ Quand viennent les lois, elles enregistrent bien plus qu’elles n’innovent. La famille légale ne sera pas amour mutuel, mais selon l’esprit régnant, joug et possession droit de vie et de mort de l’époux et du père ; autorité du frère sur la sœur ; sacrifice de l’enfant débile à sa naissance, des filles souvent. L’être humain n’a par lui-même aucun caractère sacré ; il représente seulement des intérêts d’État ou de famille. Le caprice du fort est toute la morale — et cela croit, s’étend, gigantesque ! Bien avant que la terre soit peuplée, on commence de se la disputer à main armée ”
“ On peut mesurer les cieux et le globe, pénétrer les forces de la matière et s’en rendre maître. — Tant que le Moi humain restera seul en soi-même et ne verra dans ses semblables que des objets de satisfaction personnelle à exploiter ; tant qu’il n’aura pas le sens et la religion de l’humanité ; qu’il ne jouira et ne souffrira que dans sa propre chair et sa propre vanité, sa vie ne pourra être que mesquine, bornée, et quoiqu’il fasse, amère. Vie au jour le jour, sans base, sans profondeur, sans but sérieux ni sécurité. ”
