Résumé

Ange Bénigne Monsieur Adam et Madame Ève : croquis conjugaux (1881)

ROGER. — On doit voir à ma figure que nous ne faisons pas de mamours.
MARTHE. — Certes, et je leur dis adieu, puisque vous les condamnez. Mais je ne m'y attendais guère, d'après vos façons avec moi; aujourd'hui encore.
ROGER, sèchement. — Je pense qu'elles ont dû être toujours bonnes. mes façons.
MARTHE. — Oh! je les trouvais telles; mais enfin, ce que vous appelez maintenant si dédaigneusement le jargon de l'amour ne vous déplaisait point, ni les enfantillages journaliers dont vous me donniez l'exemple.
ROGER, avec dignité. — Je ne sais ce que vous voulez dire.
MARTHE. — Allons donc !
Source : Gallica

Ange Bénigne Monsieur Adam et Madame Ève : croquis conjugaux (1881)

MADAME DE J. — Je vous entends avec peine parler ainsi ; ce serait le pur moyen de lui dessécher le cœur et de lui dévergonder l'esprit. On a bien raison de dire que l'homme le plus spirituel est bête parfois.
ROGER. — Je ne veux comprendre que le compliment.
MADAME DE J. , à Marthe. — Écoutez-moi , mon enfant, lisez les livres pieux et méditez-les. Il y a une chose que votre mari ne vous a pas dite : c'est qu'inévitablement il vous causerait beaucoup de chagrin. Je ne vous apprends rien en vous disant qu'il est léger, inconstant, incapable d'un sentiment sérieux.
MARTHE, se levant.
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Ange Bénigne Monsieur Adam et Madame Ève : croquis conjugaux (1881)

MARTHE, après plusieurs silences. — Attendez : je vais aller vous parler dans le petit salon; il est incroyable que vous ne puissiez me laisser un instant tranquille; c'est une tyrannie du plus mauvais goût.
Roger s'éloigne et gagne le petit salon.
Marthe, après avoir prévenu son cercle qu'elle allait revenir, se dirige majestueusement vers son mari. Il veut l'emmener.
MARTHE. — Mon cher Roger, je ne vous comprends plus et vous prie de m'écouter une fois pour toutes. Vous m'avez dit qu'il fallait avoir l'air dans le monde d'être étranger l'un à l'autre
Source : Gallica

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