Arnould Frémy

Résumé

Arnould Frémy Les femmes mariées (1862)

MONRIGUÉ.
Un an de mariage, ce n'est donc rien? Nous ne saurions passer éternellement notre existence à nous mirer dans les yeux l'un de l'autre, à nous sourire, à nous adresser de longues phrases d'amour?
JULIETTE.
Moi qui croyais qu'il ne pouvait jamais y avoir trop d'amour entre mari et femme !....
MONRIGUÉ.
C'est une erreur, chère amie... Ce qu'il faut surtout en ménage, c'est un bon attachement raisonné, pratique...
JULIETTE.
Oui, et bien froid, bien sec, sans aucune effusion, sans aucun signe d'abandon ni de tendresse... Dis, est-ce là ce que tu veux?
Source : Gallica

Arnould Frémy Les femmes mariées (1862)

Une petite femme qui s'imagine de prendre son mari comme un thème varié pour son ambition personnelle, ses idées particulières d'avancement et de grandeurs, c'est très-original, très-curieux !... J'en rirais à ta place.
RAOUL.
Oui, je voudrais bien t'y voir! Tu ne sais pas ce qu'est devenu notre ménage ! Tu ne sais pas que tous les soirs ma femme me condamne à lui lire à haute voix Bentham, Beccaria, Grotius, Puffendorf, Vatel...
CHANGARET.
Et elle écoute ?
RAOUL.
Du tout, elle dort... Mais elle dit que c'est pour moi, pour me sustenter l'intelligence...
Source : Gallica

Arnould Frémy Les femmes mariées (1862)

Je lui ai parlé de ton esprit, de ton coeur, de toutes tes bonnes qualités... Je craignais toujours de mal dire... Pas du tout... Il a approuvé tout ce que je lui disais... Il a même trouvé que j'étais éloquente... Excellent M. Peyronier!... Est-il aimable, est-il bon d'épouser ma petite Annette !
ANNETTE.
Sais-tu bien que je suis moi-même tout étourdie de ce que tu me dis là... Je me demande si ce n'est pas un rêve; si je ne vais pas m'éveiller tout d'un coup en sursaut. Est-ce que ce n'est pas trop beau pour moi?... Est-ce que vraiment je mérite de devenir la femme d'un homme si riche?...
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature