“ Il y a dans ce talent quelque chose d’ouvert, de jeune, d’aisé, d’ému, qui est d’un véritable artiste. Ce n’est pas là cette perfection banale qui ressemble à un éloge funèbre ; les défauts de M. Jacquet rassurent bien plutôt qu’ils n’effraient ; ils indiquent une certaine inquiétude et le désir du mieux. Sa rêveuse est une jeune fille pâle et maladive, entortillée d’une robe en velours rouge et assise sur une chaise à grand dossier recouvert d’un cuir de Cordoue. Rien de plus simple, ni tapage, ni fracas ; tout cela, peint largement, est d’un sentiment très fin, d’une harmonie délicieuse. ”
Anonyme
Résumé
Le Salon de 1875, œuvre anonyme publiée dans le cadre des expositions artistiques du XIXe siècle, propose une analyse critique des œuvres présentées à l’époque. L’auteur, abordant les thèmes de la peinture, de la chromatie et de l’harmonie, met en valeur les qualités de peintres tels que Jacquet et Goupil, tout en soulignant leurs particularités et leurs faiblesses.
À travers des descriptions saisissantes et des réflexions sur l’émotion artistique, l’œuvre examine l’équilibre entre maîtrise technique et inspiration, tout en interrogeant les normes de l’époque. Son style introspectif et lyrique en fait un témoignage précieux sur l’évolution de l’art visuel à cette période.
Citations de Le Salon de 1875 (Anonyme)
“ C’est un danger que d’être trop spirituel en sculpture. Signalons un buste en plâtre auquel je trouve un charme extrême : c’est celui d’une jeune fille élégante au cou flexible, au profil pur. Elle avance un peu la tête, comme quelqu’un qui écoute et va répondre. Il y a là une saveur de jeunesse, de candeur, de grâce et de bonté... Ah ! le joli buste. Les spécialistes me diront-ils qu’il y a là quelque faiblesse de modelé, quelque maigreur ? Je n’y prends pas garde, tant j’ai de plaisir à goûter cette petite œuvre toute pleine d’émotion. ”
“ Puisque la vibration est à l’ordre du jour, il faut convenir que c’est là vibrer avec beaucoup de talent, et qu’on ne fait pas clignoter les yeux des passans avec plus d’art et d’adresse, et maintenant étendez une gaze légère sur ces ramages inexorables ; — ne sont-ce pas là des tours de force de virtuose, des difficultés de palette, des étrangetés d’harmonie qui dépassent la mesure ? Pour vouloir être trop coloriste, on finit par ne plus l’être, et le but de la peinture est-il bien de vous donner la sensation très vraie que cause aux yeux une muraille blanche brûlée par le soleil du midi ? ”
