Antoine Ricard

Résumé

Antoine Ricard L'école menaisienne. Lamennais (1887-1888)

Ce Titan blessé au cœur fait mesurer, en tombant, la hauteur du sommet qu'il essaya de gravir, la toute-puissance du Dieu qui le foudroya. On est consterné en regardant cette sombre figure; on n'est pas humilié; on n'a pas à redouter une vague odeur de boudoir. Après la faillite des Rohan, le prince de Soubise disait avec orgueil que sa maison était seule capable de faire une faillite aussi belle; en rappelant la déchéance de M. de Lamennais, on se dit que la religion est bien haute, qu'il n'y a qu'un prêtre de génie qui pût tomber de si haut.
Source : Gallica

Antoine Ricard L'école menaisienne. Lamennais (1887-1888)

Elle te dit, à vingt-trois ans, attaché que tu es à certaines pensées, ce qu'elle te disait à ta première communion : Reçois le Dieu caché et incompréhensible; abaisse ta raison devant celle de Dieu et devant l'Église qui est son organe. Eh! pourquoi l'Église nous a-t-elle été donnée, sinon pour nous ramener à la vérité, quand nous prenons l'erreur pour elle?. Tu t'étonnes de ce que le Saint-Père exige de M. de Lamennais.
Certes, il est plus dur de se soumettre, quand on s'est prononcé devant les hommes, que lorsque tout se passe entre le cœur et Dieu.
Source : Gallica

Antoine Ricard L'école menaisienne. Lamennais (1887-1888)

En l'imposant comme compagne au sacerdoce, l'Église a fait preuve, comme en toutes choses, d'une profonde connaissance du cœur humain et de la vie intérieure. Elle maintient l'âme d'un prêtre dans un contact journalier avec les livres saints, tout en le protégeant contre ses propres pensées par ce paisible recueillement et cette douce quiétude qu'assure le retour régulier des mêmes exercices. En outre, Lamennais disait rarement la messe et profilait, à la Chesnaie, des libertés de la campagne pour remplacer la soutane et le tricorne par une redingote grise et un chapeau de paille.
Source : Gallica

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