Auguste Angellier,
Oeuvres posthumes. Tome 1er
(1912)
“ Le son particulier d'une ame s'infusa Dans ce chant qui changeait tout en restant le même ; Ce qui fait que les mots, que les seuls mots : « je t'aime» N'eurent jamais, depuis qu'ils s'élancent du coeur. Deux fois le même son, ni la même ferveur. O merveille, la voix était la voix charmante De Syrinx, de la belle, inoubliée amante, Qui vivait sous le front ridé des deux vieillards. Des larmes tout à coup mouillèrent leurs regards, Mais les yeux clairs de Pan étaient seuls dignes d'elles, Et les pleurs de Silène, en noyant ses prunelles Reposaient sur un fond impur et fatigué. ”
